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LE MÉDECIN

Benedictos qui renit in nomine Domiai!...

(ÉV&RG.}

Lorsque fantique foi, vers les deux envolée.

Laisse veuve ici-bas notre âme inconsolée, Et que l'encens s'élève aux autels du veau d'or; Lorsqu'au saint dévoûment l'égoisme succède, Que le pauvre maudit le destin qui l'obsède.

Que l'amour est vénal, que l'amitié s'endort;

Honneur à ces mortels dont le noble courage Des fléaux destructeurs ose braver la rage.

Dont le bras toujours fort lutte avec le trépas!... Gloire à ces demi-dieux!... leur science profonde Vaut mieux que la richesse où notre espoir se fonde : Leur sourire est le seul qui ne trahisse pas.

Vous qui Tolez partout où gémit la souffrance, A chaque désespoir offrant une espérance»

Ha muse vous préfère aux plus vaillants guerriers. Hommes aux doux regards, aux suaves paroles.

Anges qui sur vos fronts portez des auréoles, Acceptez mon hommage et mes frêles lauriers.

Sous deux manteaux sacrés je vous vois apparaître : Le manteau d'Hippocrate et la robe du prêtre Entrelacent pour vous leurs replis fraternels ; Car, ainsi que nos corps, vous sauverez nos âmes. Et vous saurez mêler, mystérieuses flammes.

Aux secrets d'ici-bas les secrets éternels...

Ainsi, lorsque Jésus, au bord de la fontaine, Disait la parabole à la Samaritaine, Quand d*une pécheresse il bénissait les pleurs Ou portait au bercail la brebis qui s*égare, Sa voix du froid cercueil ressuscitait Lazare, Et du paralytique apaisait les douleurs.

Fidèles au malheur, dont le^cri vous réveille. Vous visitez Tasile où la charité veille, L'humble paille du pauvre et Tédredon des rois ; De Tenfant au berceau, du vieillard qui chancelle Quand s'éteint par degrés la dernière étincelle, De l'agonie en pleurs vous allégez la croix.

Quand l'horribie typhus, la peste au souffle iounoode.

Va dévorant sa proie et décimant le monde.

Dans ses flancs ténébreux vous fouillez tour à tour.

Et le fléau terrible, aux ailes redoutables,

O prodige î ô bonheur! vous trouve invulnérahlea,

•^t vous sortei vivants des ongles du vautour!...

Oh ! de riiumanité vous êtes les apôtres!

L'astre de votre gloire éclipse tous les autres ; Aa fond de tous les cœurs vous avez des autels ; Et je veux que bientôt le barde prophétique, Évoquant de son luth la flamme poétique, Divinise vos noms dans ses chants immortels !

Ami, vous êtes grand parmi ceux que je chante : Grâce, bonté, génie, en vous tout nous enchante*. Un archange du ciel se plut à vous bénir ; Et sans doute une fée, agitant des corbeilles Pleines de doux parfums et de blondes abeilles, De mille talismans dora votre avenir.

Gomme Tenfant coupable, en sa frayeur amëre.

Dans les bras d*une sœur, sur le sein de sa mère. Va chercher un abri contre un père en courroux , Ainsi le malheureux que la douleur accable , Pour conjurer du mal le fantôme implacable.

Se sauve sous votre aile et n'espère qu'en vous.

Il dit que sous vos pas vous semez des miracles. Et que de votre bouche émanent des oracles Dont la magie empêche une âme de partir; Et vous, vous souriez; et, plus le danger presse, Plus douce est la liqueur, plus tendre est la caresse Que votre main prodigue aux adieux du miirtyr.

Vous atteignez du front les plus sublimes tètes ! Dans les champs du progrès, riches de vos conquêtes. Vous creusez des sillons où naissent des primeurs. Laissez des détracteurs les hordes fanatiques Traiter tous vos efforts de rêves fantastiques; Courage ! des méchants méprisez les clameurs...

1 S8 POÉSJES DIVERSES.

Sachez que la science est une forêt sombre Où croissent sous les fleurs des épines sans nombre. Où siffle un noir serpent qui jamais ne s'endort. Ce serpent, c'est l'envie, hydre aifreusesans doute; Mais pour qui peut franchir les dangers de la route , Bientôt au fond des bois brille le rameau d'or!. .

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