‹ FablesChapitre 231 sur 247 · NE CRIEZ PLUS : A BAS LES COMMUNISTES · texte numérisé non relu

NE CRIEZ PLUS : A BAS LES COMMUNISTES

Air de Philoctète.

Qnoi! désormais tout penseur est suspect!

Pourquoi ces cris et cette rage impie?

N*avons-nous pas chacun notre utopie Qui de chacun mérite le respect?

Ah ! combattez vos penchants égoistes Par les élans de la fraternité ; Au nom de l'ordre et de la liberté, Ne criez plus : A bas les communistes!

Pourquoi ces mots seraient-ils odieux :

Égalité, Communisme, Espérance, Quand chaque jour de l'horizon s'élance Pour tout vivant un soleil radieux!

Ah! croyez-moi, les cruels anarchistes Ne sont pas ceux que vous persécutez; vous surtout, pauvres déshérités.

Ne criez plus : A bas les communistes!

Quand des chrétiens, réanis au saint lieu^ S'agenouillait la famille pressée.

Communiant dans la même pensée.

Grands et petits s'écriaient : Gloire à Dieu! Frères, le ciel ouvre aux socialistes Sa nef d'azur pour des rites nouveaux.

Pas d'intérêts, pas de cultes rivaux :

Ne criez plus : A bas les communistes!

Amis, la terre a-t-elle pour les uns

Des fruits, des fleurs; — des ronces pour Ses autres?

D'un saint travail devenons les apôtres :

Tous les produits à tous seront communs.

Rassurez -vous, esprits sombres et tristes :

La nuit s*envole, espérons un beau jour; Si vous brûlez d*un fraternel amour.

Ne criez plus : A bas les conmiunistes!

Page 1