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JIL — LE FERMIER ET LES ANES

Un fermier fournissait des pommes à Paris :

Grand trouble aux champs ; qui portera ces fruits! Belle demande l Ehl ce seront les fines l On le sait bien , les baudets en tous lieux , Sont des souffre-douleurs, et tout roule sur eux. On Toit donc nos roussins partir en caravanes» Portant de quoi diner tant aux manants qu'aux rois , Et tant aux nobles qu'aux bourgeois.

Premièrement la charge fut petite; Aussi les messagers n'en allaient que plus vite. On mit sur le tapis un système nouveau :

A bonne échine bon fardeau 1 En augmentant la charge on crut faire merveille. Les malheureux, baissant l'oreille.

Donnent au diable et pommes et gourmands ; Mais ce n'était qu'entre leurs dents ; Il faut souffrir et ne rien dire.

A leur retour, ce fut bien pire ; Le fermier, en homme de poids , Voulut faire doubler la charge cette fois ;

FABLES NOUVELLES. 2î3

On obéit ; les gens si fort doublèrent , Qu'enfin les ânes succombèrent.

Peut-être un esprit plébéien Pour les impôts prendra les pommes.

Croira que les baudets représentent les hommes, Que le fermier du trône est le soutien ; Ah! gardez- vous d' uns. telle méprise :

L6S ministres chinois feraient bien la sottise, Mais les nôtres sont gens de bien.

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