VIII. — RICHE ET PAUVRE
Un jour que du ciel triste et sombre Tombait la neige en tourbillons d'argent ,
Oa La résine grésillante, Oa quelque huile fétide, aux solives pendante^ De la lueur blafarde attristait leur taudis.
Ce fameux siècle des lumières.
Ainsi que les châteaux, envahit les chaumières... T^a chandelle est venue, et la bougie après ; L*homme compte les jours par d'incessants progrès. Et nous sommes perdus si nous le laissons faire; Des globes réflecteurs, des verres grossissants.
Font rejaillir dans l'atmosphère
Mille rayons éblouissants.
Vous le dirai-je, hélas 1 l'homme, ennemi des ombres, Pour nous chasser enfin de nos retraites sombres. S'éclaire avec le gaz et l'électricité 1 Mais sur vous vainement je n'aurai pas compté. Et nous étoufferons cette flamme nouvelle Qui de notre rival protège le sommeil.
Ah I pour jouir en paix d'une nuit éternelle. De môme puissions-nous éteindre le soleil ! » A ces mots les oiseaux, avec un bruit horrible. Fondent sur la lumière, à leurs coups iusensible.
Qu'arriva-t-il ? vous allez le savoir :
Chacun d'eux à la flamme ayant brûlé son aile
Et sa prunelle.
Regagna, comme il put, son nocturne manoir.
Et le pauvre hibou mourut de désespoir.
chauves-souris sépulcrales, Hiboux qui fréquentez les vieilles cathédrales, Cbats-huants de la Bourse et des donjons poudreux, Croyez-moi, du progrès le flambeau ne doit craindra Ni vos noirs bataillons ni vos plans ténébreux i Jamais, en vérité, vous ne pourrez l'éteindre I...