‹ FablesChapitre 67 sur 247 · V. — L'ONCE ET LES POIDS · texte numérisé non relu

V. — L'ONCE ET LES POIDS

Un jour, un épicier pesant de la chandelle.

Ou du sucre, ou du poivre, ou bien de la cannelle,

En vain, pour faire contre-poids.

Avait dans le plateau mis déjà tous ses poids. Rien n'y faisait, ni quart, ni livre, ni demie. « Maître, dit l'once, eh quoi 1 vous ne me voyez pas? Je puis, cela s'est vu, vous tirer d'embarras. » Les autres aussitôt de s'écrier : « Ma mie, Quelle prétention! mais tu n'es bonne à rien. »

L*épicier, plus juste et plus sage, La mit dans la balance, et tout alla fort bien.

II n*est pas, croyes^moi, de mince personnage.

D'être si malheureux et si déshérité,

Qui n'apporte en naissant sa part d'utilité.

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