‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 129 sur 304 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Voici un second recueil de fables que je présente au public. J'ai jugé à propos de donner à la plupart de celles-ci un air et uu tour un peu différent de celui que j'ai donné aux premières , tant à cause de la différence des sujets, que pour remplir de plus de variété mou ouvrage. Les traits familiers que j'ai semés avec assez d'abondance dans les deux autres parties* convenaient bien mieux aux inventions d'Ésope qu'à ces dernières, où j'en u<e plus sobrement pour ne pas tomber en des répétitions; car le nombre de ces traits n'est pas infini. Il a donc fallu que j'aie chercbé d'autres enricbissements, et étendu davantage les circonstances de ces récits, qui d'ailleurs me semblaient le demander de la sorte. Pour peu que le lecteur y prenne garde , il le reconnaîtra lui-même : ainsi je ne tiens pas qu'il soit nécessaire d'en étaler ici les raisons, non plus que de dire où j'ai puisé ces derniers sujets. Seulement je dirai, par reconnaissance, que j'en dois la plus grande partie à Pilpay, sage indien. Son livre a été traduit en toutes les langues. Les gens du pays le croient fort ancien et original à l'égal d'Ésope, si ce n'est Ésope lui-même sous le nom du sageLocman. Quelques autres m'ont fourni des sujets assez beureux. Enlin j'ai tàcbé de mettre en ces deux dernières parties toute la diversité dont j'étais capable.

Il s'est glissé quelques fautes dans l'impression. J'en ai fait faire un errata; mais ce sont de légers remèdes pour un défaut considérable. Si on veut avoir quelque plaisir de la lecture de cet ouvrage, il faut que cbacun fasse corriger ces fautes à la main dans son exemplaire, ainsi qu'elles sont marquées par cbaque errata , aussi bien pour les deux premières parties que pour les dernières.

I G'est-à-Jire la première et la seconde partie, qui contenaient les sii premiers livre*.

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L'apologue est un don qui vient des tnimorteb ;

Ou si c'est un présent des hommes.

Quiconque nous l'a fait mérite des autels :

Nous devons tous tant que nous sommes

Ériger en divinité Le sage par qui fut ce bel art inventé. C'est proprement un charme : il rend l'âme attentive ,

Ou plutôt il la tient captive ,

Nous attachant à des récits Oui mènent à son gré les cœurs et les esprits. 0 vous qui l'imitez, Olympe , si ma muse A quelquefois pris place à la table des dieux , Sur ces dons aujourd'hui daignez porter les yeuA ; Favorisez les jeux où mon esprit s'amuse ! Le temps , qui détruit tout , respectant votre appui , Me laissera franchir les ans dans cet ouvrage : Tout auteur qui voudra vi^nre encore après lui

Doit s'acquérir votre suffrage.

C'est de vous que mes vers attendent tout leur prix :

Il n'est beauté dans nos écrits Dont vous ne connaissiez jusques aux moindres trace*. Eh ! qui connaît que vous les beautés et les grâces ? Paroles et regards tout est charme dans vous.

Ma muse, en im sujet si doux ,

Voudrait s'étendre davantage ; Mais il faut réserver â d'autres cet emploi;

Et d'un plus grand maître que moi

Votre louange est le partage '.

Olympe , c'est assez qu'à mon dernier ouvrage Votre nom serve un jour de rempart et d'abri; Protégez désormais le livre favori Par qui j'ose espérer une seconde vie ;

Sous vos seuls auspices ces vers

Seront jugés , malgré l'envie.

Dignes des yeux de l'univers.

Je ne méi-ite pas une faveur si grande;

La fable en son nom la demande :

Vous savez quel CTédit ce mensonge a sur nous. S'il procure à mes vers le bonheur de vous plaire , Je croirai lui devoir un temple pour salaire : Mais je ne veux bâtir des temples que pour vous.

1. Franfoise-Athénaîs de Rochechonart de Mortemart, marfiuise de Montespan , vM an 1641 , morte le 23 mai 1707, à l'âge de soiianle-six ans.

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