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Émule pour émeule, par licence poétique et pour la rime

i:4 FABLES DE LA FONTAINE

Au bec retors, à la tranchante serre,

Pour un chien mort se lit, dit-on, la guerre.

Il plut du sang : je n'exagère point.

Si je voulais conter de point en point

Tout le détail, je manquerais d'haleine.

Maint chef périt, maint héros expira;

Et sur son roc Prométhée espéra

De voir bientôt une fin à sa peine'.

C'était plaisir d'observer leurs efforts;

C'était pitié de voir tomber les morts.

Valeur, adresse, et ruses, et surprises.

Tout s'employa. Les deux troupes, éprises

D'ardent courroux, n'épargnaient nuls moyens

De peupler l'air que respirent les ombres :

Tout élément remplit de citoyens

Le vaste enclos qu'ont les royaumes sombres.

Cette fureur mit la compassion

Dans les esprits d'une autre nation

Au cou changeant, au cœur tendre et fidèle.

Elle employa sa médiation

Pour accorder une telle querelle :

Ambassadeurs par le peuple pigeon

Furent choisis, et si bien travaillèrent

Que les vautours plus ne se chamaillèreiil.

Ils firent trêve, et la paix s'ensuivit.

Hélas ! ce fut aux dépens de la race

A qui la leur aurait dû rendre grâce.

La gent maudite aussitôt poursuivit

Tous les pigeons, en fit ample carnage,

En dépeupla les bourgades, les champs.

Peu de prudence eurent les pauvres gens

D'accommoder un peuple si sauvage.

Tenez toujours divisés les méchants :

I. Selon la fable, Prométhé':, pour avoir osé créer liionime et dérober le fen sacré du t\t\, fut encbainé sur va rocber <l)i Cancasc, où un yaDtour lui déchirait les ektraiUesuns cesse renaissantes.

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