‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 181 sur 304 · LIVRE HUITIEME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIEME

Tant y furent, qu'un soir à l'entour de ce pin L'homme tendit ses rets. Le chat , de grand malin ,

Sort pour aller chercher sa proie.

Les derniers traits de l'ombre empêchent qu'il ne voie Le filet : il y tombe , en danger de mourir ; Et mon chat de crier ; et le rat d'accourir : L'un plein de désespoir, et l'autre plein de joie; U voyait dans les lacs son mortel ennemi.

Le pauvre chat dit : Cher ami ,

Les marques de la bienveillance

Sont communes en mon endroit'; Viens m'aider à sortir du piège où l'ignorance

M'a fait tomber. C'est à bon droit Que seul entre les tiens, par amour singulière^. Je t'ai toujours choyé , l'aimant comme mes yeux. Je n'en ai point regret, et j'en rends grâce aux dieux.

J'allais leur faire ma prière, Comme tout dévot chat en use les matins. Ce réseau me retient : nia vie est en tes mains; Viens dissoudre ces nœuds. Et qaeUe récompense

En aurai-je? reprit le rat.

Je jure éternelle alliance

Avec toi , repartit le chat.

Dispose de ma griffe, et sois en assurance : Envers et contre tous je te protégerai;

Et la belette mangerai

Avec l'époux de la chouette :

Ils t'en veulent tous deux. Le rat dit : Idiot! Moi ton libérateur! je ne suis pas si sot.

Puis il s'en va vers sa retraite.

La belette était près du trou.

Le rat grimpe plus haut; il y voit le hibou. Dangers de toutes parts : le plus pressant l'emporte. Ronge-maille retourne au chat, et fait en sorte

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