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LE CHAT ET LE RENARD

Le chat et le renard, comme beaux petits sainis,

S'en allaient en pèlerinage.

C'étaient deux vrais tartufs', deux archipatelins, Deux francs patte-pelus-, qui, des frais du voyage, Croquant mainte volaille, escroquant maint fromage,

S'indemnisaient à qui mieux mieux.

Le chemin étant long, et partant ennuyeux,

Pour raccourcir ils disputèrent.

La dispute est d'un grand secours :

Sans elle on dormirait toujours.

Nos pèlerins s'égosillèrenî.

Ayant bien disputé, l'on parla du prochain.

Le renard au chat dit enfin :

Tu prétends être fort habile; En sais-tu tant que moi? J'ai cent ruses au sac. Non, dit l'autre : je n'ai qu'un tour dans mon bissac;

3Iais je soutiens qu'il en vaut mille.

Eux de recommencer la dispute à l'envi. Sur le que si, que non, tous deux étant ainsi,

Une meute apaisa la noise.

Le chat dit au renard : Fouille en ton sac, ami;

Cherche en ta cervelle matoise Un stratagème sûr : pour moi, voici le mien. A ces mots, sur un arbre il grimpa bel et bien.

L'autre fit cent tours inutiles, Entra dans cent terriers, mit cent fois en défaut

1. An lieu de tartufes. L'e est retranché pour la mesure du vers, et par licence poéliiue-

2. Le Duchat croit que la dtnomiDalion de patespeluca dérive de l'allusion à la supercbeiie de Jacob , qui se couvrait les mains de peaux de iètes pour supplanter £.sii\.

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