LIVRE PREMIER
Mise en menus morceaux , et qu'il croyait friande.
On servit , pour l'embarrasser, En un \ase à long col et d'étroite embouchure. Le bec de la cigogne y pouvait bien passer; Mais le museau du sire était d'autre mesure. Il lui fallut à jeun retourner au logis, Honteux comme un renard qu'une poule aurait pris, Serrant la queue , et portant bas l'oreille.
Trompeurs, c'est pour vous que j'écris : Attendez-vous à la pareille.
î,'eNFANT et le MAITRE D'ECOLS.
Dans ce récit je prétends faire voir D'un certain sol la remontiance vaine :
Un jeune enfant dans l'eau se laissa choir, En badinant sur les bords de la Seine. Le ciel permit qu'un saule se trouva, Dont le branchage, après Dieu, le sauva. S'étant pris, dis-je, aux branches de ce saule, Par cet endroit passe un maitre d'école ; L'enfant lui crie : Au secours ! je péris ! Le magister, se tournant à ses cris , D'un ton fort grave à contre-temps s'avise De le tancer : Ah ! le petit babouin ! Voyez , dit-il , où l'a mis sa sottise ! Et puis, prenez de tels fripons le soin! Que les parents sont malheureux qu'il faille Toujours veiller à semblable canaille !
Qu'ils ont de maux ! et que je plains leur sort ! Ayant tout dit, il mit l'enfant à bord.
Je blâme ici plus de gens qu'on ne pense.
Tout babillard, loul censeur, tout pédant, Se peut connaître au discours que j'avance. Chacun des trois lait un peuple fort grand Le Créateur en a béni l'tMigcance.
En toute affaire, ils ne font que songer
Au moyen d'exercer leur langue.
Eh ! mon ami , tire-moi de danger ;
Tu feras après ta harangue^