‹ Fables. Précédées d'une noticeChapitre 281 sur 304 · LIVRE DOUZIÈME. Ui · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME. Ui

Il arrive, les sens troublés,

Kl tous les poumons essoulflés, Qu'avez-vous donc? lui dit un de ces rats; parlez. En deux mots, répond-il, ce qui fait mon voyage. C'est qu'il faut proniptement secourir la souris, Car Raminagrobis Fait en tous lieux un étrange carnage.

Ce chat, le plus diable des chats, S'il manque de souris , voudra manger des rats. Chacun dit : Il est vrai. Sus! sus! courons aux armes ' Quelques rates ' , dit-on , répandirent des larmes. N'importe, rien n'arrête un si noble projet :

Chacun se met en équipage ; Chacun met dans son sac un morceau ue fromage; Chacun promet enfin de risquer le paquet.

Ils allaient tous comixie cl la fête ,

L'esprit content, le cœur joyeux.

Cependant le chat, plus fin qu'eux , Tenait déjà la souris par la tète.

Ils s'avancèrent à grands pas

Pour secourir leur bonne amie :

Mais le chat, qui n'en démord pas, Gronde, et marche au-devant de la troupe ennemie.

A ce bruit, nos très-prudents rats,

Craignant mauvaise destinée.

Font , sans pousser plus loin leur prétendu fracas ,

Une retraite fortunée.

Chaque rat rentre dans son trou ; Et si quelqu'un en sort , gare encor le maieu !

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