LES FILLES DE MLNEE
Quelque exemple d'amour et de vertu parfaite . Tout ceci nie fut dit par le sage interprète. J'admirai , je plaignis ces amants malheureux : On les allait unir, tout concourait pour eux, lis touchaient au moment; Taltente en était sûre : Hélas ! il n'en est point de telle en la nature ; Sur le point de jouir, tout s'enfuit de nos mains : Les dieux se font un jeu de l'espoir des humains.
ï^aissons, reprit Iris, cette triste pensée.
La fête est vers sa fin, grâce au ciel, avancée;
Et nous avons passé tout ce temps en récits
Capables d'affliger les moins sombres esprits :
Effaçons, s'il se peut, leur image funeste.
Je prétends de ce jour mieux employer le reste.
Et dire un changement, non de corps, mais de cœur.
Le miracle en est grand ; Amour en fut l'auteur ;
Il en fait tous les jours de diverse manière.
Je changerai de style en changeant de matière.
Zoon plaisait aux yeux; mais ce n'est pas assez :
Son peu d'esprit, son humeur sombre.
Rendaient ses talents mal placés.
Il fuyait les cités, il ne cherchait que l'ombre, Vivait parmi les bois, concitoyen des ours, Et passait, sans aimer, les plus beaux de ses jours. Nous avons condammé l'amour, m'allez-vous dire. J'en blâme en nous l'excès ; mais je n'approuve pas
Qu'insensible aux plus doux appas ,
Jamais un homme ne soupire.
Hé quoi! ce long repos est-il d'un si grand prix? Les morts sont donc heureux? Ce n'est pas mon avis : Je veux des passions : et si l'état le pire
Est le néant, je ne sais point De néant plus complet qu'un cœur froid à ce poinl. Zoon n'aimant donc rien, ne s'aimant pas lui-mêjiie- Vit lole endormie, et le voilà frappé :