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LES OREILLES DU LIEVRE

Cn animal cornu blessa de quelques coups Le lion, qui, plein de courroux, Pour ne plus tomber en la peine, Bannit des lieux de son domaine Toute bête portant des cornes à son front. Chèvres, béliers, taureaux, aussitôt délogèrent; Daims et cerfs de climat changèrent :

Chacun à s'en aller fut prompt.

Un lièvre, apercevant l'ombre de ses oreilles,

Craignit que quelque inquisiteur N'allât interpréter à cornes leur longueur, Ne les soutint en tout à des cornes pareilles. Adieu, voisin grillon, dit-il; je pars d'ici : Mes oreilles enfin seraient cornes aussi. Et quand je les aurais plus courtes qu'une autruche, Je craindrais même encor. Le grillon reparfit :

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