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LA VIEILLE ET LES DEUX SERVANT US

Il était une vieille ayant deux chambrières : Elles filaient si bien , que les sœurs filandières Ne faisaient que brouiller au piix de celles-ci. La vieille n'avait point de plus pressant souci Que de distribuer aux servantes leur tâche. Dès que Téthys chassait Phébus aux crins dorés, Tourets entraient en jeu, fuseaux étaient tiréf ;

Deçà, delà, vous en aurez :

Point de cesse , point de relâche.

Dès que l'Aurore, dis-je, en son char remontait, Un misérable coq à point nommé chantait ; Aussitôt notre vieille, encor plus misérable. S'affublait d'un jupon crasseux et détestable, Allumait une lampe, et courait droit au lit Où, de tout leur pouvoir, de tout leur appétit,

Dormaient les deux pauvres servantes.

L'une entr'ouvrait un œil, l'autre étendait un bras;

El toutes deux, très-mal contentes.

Disaient entre leurs dents : Maudit coq ! tu mourras ! Comme elles l'avaient dit, la bête fut grippée : Le ré\eille-matin eut la gorge coupée.

Ce meurtre n'amenda nullement leur marché : Notre couple, au contraire, à peine était couché, Que la vieille, craignant de laisser passer l'heure, Courait comme un lutin par toute sa demeure.

C'est ainsi que, le plus souvent,

Quand on pense sortir d'une mauvaise affaire.

On s'enlonce encor plus avant :

Témoin ce couple et son salaire.

La vieille, au lieu du coq, les fit tomber par là

De Chaiybde en Scylb.

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