LE LION ET LE CHASSEUR
Un fanfaron, amateur de la chasse.
Venant de perdre un chien de bonne race, Qu'il soupçonnait dans le corps d'un lion. Vit un berger: Enseigne-moi, de grâce.
De mon voleur, lui dit-il, la maison, Que de ce pas je me fasse raison.
Le berger dit: C'est vers cette montagne. En lui payant de tribut un mouton Par chaque mois, j 'erre dans la campagne
i62 FABLES DE LA FONTAINE
Comme il me plaît; et je suis en repos.
Dans le moment qu'ils tenaient ces propos.
Le lion sort, et vient d'un pas agile.
Le fanfaron aussitôt d'esquiver:
O Jupiter, montre-moi quelque asile,
S'écria-t-il, qui me puisse sauver!
La vraie épreuve de courage N'est que dans le danger que l'on touche du doigt : Tel le cherchait, dit-il, qui, changeant de langage.
S'enfuit aussitôt qu'il le voit.