‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 133 sur 318 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

l'oiseleur, l'autour, et l'alouette

Les injustices des pervers Servent souvent d'excuse aux nôtres.

Telle est la loi de l'univers:

Si tu veux qu'on t'épargne, épargne aussi les autres. Un manant au miroir prenait des oisillons. Le fantôme brillant attire une alouette: Aussitôt un autour, planant sur les sillons.

Descend des airs, font et se jette Sur celle qui chantait, quoique près du tombeau. Elle avait évité la perfide machine.

Lorsque, se rencontrant sous la main de l'oiseau,

Elle sent son ongle maligne.

Pendant qu'à la plumer l'autour est occupé, Lui-même sous les rets demeure enveloppé: Oiseleur, laisse-moi, dit-il en son langage.

Je ne t'ai jamais fait de mal.

L'oiseleur repartit: Ce petit animal T'en avait-il fait davantage?

le cheval et l'âne

En ce monde il se faut l'un l'autre secourir: Si ton voisin vient à mourir, C'est sur toi que le fardeau tombe.

Un âne accompagnait un cheval peu courtois. Celui-ci ne portant que son simple hamois,

Et le pauvre baudet si chargé qu'il succombe.

Il pria le cheval de l'aider quelque peu;

Autrement il mourrait devant qu'être à la ville.

La prière, dit-il, n'en est pas incivile:

Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu.

Le cheval refusa, fit une pétarade ;

Tant qu'il vit sous le faix mourir son camarade.

Et reconnut qu'il avait tort.

Du baudet en cette aventure

On lui fit porter la voiture.

Et la peau par-dessus encore.

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