‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 137 sur 318 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

On lui donna certaine somme.

Il devait au bout de dix ans

Mettre son âne sur les bancs :

Sinon il consentait d'être en place publique Guindé la hart au col, étranglé court et net.

Ayant au dos sa rhétorique,

Et les oreilles d'un baudet.

Quelqu'un des courtisans lui dit qu'à la potence Il voulait l'aller voir; et que, pour un pendu, Il aurait bonne grâce et beaucoup de prestance: Surtout qu'il se souvînt de faire à l'assistance Un discours où son art fût au long étendu ; Un discours pathétique, et dont le formulaire

Servît à certains Cicérons

Vulgairement nommés larrons.

L'autre reprit : Avant l'affaire.

Le roi, l'âne, ou moi, nous mourrons.

Il avait raison, C'est folie De compter sur dix ans de vie.

Soyons bien buvants, bien mangeants; Nous devons à la mort de trois l'un en dix ans

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