‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 180 sur 318 · LE RAT ET L'HUÎTRE · texte numérisé non relu

LE RAT ET L'HUÎTRE

Un rat. hôte d'un champ, rat de peu de cervelle, Des lares paternels un jour se trouva soû. Il laisse là le champ, le grain et la javelle, Va courir le pays, abandonne son trou.

Sitôt qu'il fut hors de la case:

Que le monde, dit-il, est grand et spacieux! Voilà les Apennins, et voici le Caucase ! La moindre taupinée était mont à ses yeux. Au bout de quelques jours le voyageur arrive En un certain canton où Téthys sur la rive Avait laissé mainte huître: et notre rat d'abord Crut voir, en les voyant, des vaisseaux de haut bord. Certes, dit-il, mon père était un pauvre sire! Il n'osait voyager, craintif au dernier point. Pour moi, j'ai déjà vu le maritime empire: J'ai passé les déserts, mais nous n'y bûmes point. D'un certain magister le rat tenait ces choses,

Et les disait à travers champs; N'étant pas de ces rats qui, les livres rongeants.

Se font savants jusques aux dents.

Parmi tant d'huîtres toutes closes

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