LIVRE HUITIÈME
S'en allait en pèlerinage.
Le rat s'étonnait que les gens Fussent touchés de voir cette pesante masse : Comme si d'occuper ou plus ou moins de place Nous rendait, disait-il, plus ou moins importants. Mais qu'admirez-vous tant en lui, vous autres
hommes ?
Serait-ce ce grand corps qui fait peur aux enfants ? Nous ne nous prisons pas, tout petits que nous sommes.
D'un grain moins que les éléphants.
Il en aurait dit davantage;
Mais le chat, sortant de sa cage,
Lui fit voir en moins d'un instant
Qu'un rat n'est pas un éléphant.
l'horoscope
On rencontre sa destinée Souvent par des chemins qu'on prend pour l'éviter.
Un père eut pour toute lignée Un fils qu'i 1 aima trop, jusques à consulter
Sur le sort de sa géniture
Les diseurs de bonne aventure.
Un de ces gens lui dit que des lions surtout Il éloignât l'enfant jusques à certain âge,
Jusqu'à vingt ans, point davantage.
Le père, pour venir à bout D'une précaution sur qui roulait la vie De celui qu'il aimait, défendit que jamais On lui laissât passer le seuil de son palais.
Il pouvait, sans sortir, contenter son envie, Avec ses compagnons tout le jour badiner,
Sauter, courir, se promener.
Quand il fut en l'âge où la chasse
Plaît le plus aux jeunes esprits,
Cet exercice avec mépris
Lui fut dépeint. Mais, quoi qu'on fasse,
Propos, conseil, enseignement.
Rien ne change un tempérament.
Le jeune homme, inquiet, ardent, plein de courage, A peine se sentit des bouillons d'un tel âge,
Qu'il soupira pour ce plaisir.
Plus l'obstacle était grand, plus fort fut le désir. Il savait le sujet des fatales défenses ; Et comme ce logis, plein de magnificences.
Abondait partout en tableaux.
Et que la laine et les pinceaux Traçaient de tous côtés chasses et paysages,
En cet endroit des animaux,
En cet autre des personnages, Le jeune homme s'émeut, voyant peint un lion: Ah! monstre! cria-t-il, c'est toi qui me fais vivre Dans l'ombre et dans les fers! A ces mots il se