‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 229 sur 318 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

Bertrand dit à Raton: Frère, il faut aujourd'hui

Que tu fasses un coup de maître:

Tire-moi ces marrons. Si Dieu m'avait faire naître

Propre à tirer marrons du feu,

Certes, marrons verraient beau jeu.

Aussitôt fait que dit: Raton, avec sa patte.

D'une manière délicate, Écarte un peu la cendre, et retire les doigts;

Puis les reporte à plusieurs fois ; Tire un marron, puis deux, et puis trois en escroque ;

Et cependant Bertrand les croque.

Une servante vient: adieu mes gens. Raton

N'était pas content, ce dit-on.

Aussi ne le sont pas la plupart de ces princes Qui, flattés d'un pareil emploi.

Vont s'échauder en des provinces Pour le profit de quelque roi.

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