‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 231 sur 318 · LE BERGER ET SON TROUPEAU · texte numérisé non relu

LE BERGER ET SON TROUPEAU

Quoi! toujours il me manquera

Quelqu'un de ce peuple imbécile!

Toujours le loup m'en gobera!

J 'aurai beau les compter ! Ils étaient plus de mille. Et m'ont laissé ravir notre pauvre Robin!

Robin mouton, qui, par la ville.

Me suivait pour un peu de pain, Et qui m'aurait suivi jusques au bout du monde. Hélas ! de ma musette il entendait le son : Il me sentait venir de cent pas à la ronde.

Ah ! le pauvre Robin mouton ! Quand Guillot eut fini cette oraison funèbre. Et rendu de Robin le mémoire célèbre.

Il harangua tout le troupeau, Les chefs, la multitude, et jusqu'au moindre agneau,

Les conjurant de tenir ferme:

Cela seul suffirait pour écarter les loups. Foi de peuple d'honneur ils lui promirent tous

De ne bouger non plus qu'un terme.

Nous voulons, dirent-ils, étouffer le glouton

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