‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 26 sur 318 · LE LOUP PLAIDANT CONTRE LE RENARD, PAR- DEVANT LE SINGE · texte numérisé non relu

LE LOUP PLAIDANT CONTRE LE RENARD, PAR- DEVANT LE SINGE

Un loup disait que l'on l'avait volé:

Un renard, son voisin, d'assez mauvaise vie. Pour ce prétendu vol par lui fut appelé.

Devant le singe il fut plaidé.

Non point par avocats, mais par chaque partie.

Thémis n'avait point travaillé.

De mémoire de singe, à fait plus embrouillé. Le magistrat suait en son lit de justice.

Après qu'on eut bien contesté,

Répliqué, crié, tempêté,

Le juge, instruit de leur malice.

Leur dit: Je vous connais de longtemps, mes amis;

Et tous deux vous paîrez l'amende :

Car toi, loup, tu te plains, quoiqu'on ne t'ait rien

pris; Et toi, renard, as pris ce que l'on te demande.

Le juge prétendait qu'à tort et à travers

On ne saurait manquer, condamnant un pervers.

Quelques personnes de bon sens ont cru que l'impossibilité et la contradiction qui est dans le jugement de ce singe était une chose à censurer: mais je ne m'en suis servi qu'après Phèdre; c'est en cela que consiste le bon mot, selon mon avis.

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