‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 3 sur 318 · LA CIGALE ET LA FOURMI · texte numérisé non relu

LA CIGALE ET LA FOURMI

La cigale, ayant chanté

Tout l'été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue :

Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau :

Elle alla crier famine Chez la fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle:

Je vous paîrai, lui dit-elle, Avant l'août, foi d'animal, Intérêt et principal.

La fourmi n'est pas prêteuse ; C'est là son moindre défaut :

Que faisiez-vous au temps chaud ?

Dit-elle à cette emprunteuse. — Nuit et jour à tout venant Je chantais, ne vous déplaise. — Vous chantiez! j'en suis fort aise.

Hé bien, dansez maintenant.

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