‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 48 sur 318 · LE MEUNIER, SON FILS, ET L'ÂNE A. M. D. M · texte numérisé non relu

LE MEUNIER, SON FILS, ET L'ÂNE A. M. D. M

L'invention des arts étant un droit d'aînesse, Nous devons l'apologue à l'ancienne Grèce.: ^

Mais ce champ ne se peut tellement moissonnerr Que les derniers venus n'y trouvent à glaner. La feinte est un pays plein de terres désertes : •Tous les jours nos auteurs y font des découvertes. Je t'en veux dire un trait assez bien inventé: Autrefois à Racan, Malherbe l'a conté.

Ces deux rivaux d'Horace, héritiers de sa l3Tre, Disciples d'Apollon, nos maîtres, pour mieux dire. Se rencontrant un jour tout seuls et sans témoins (Comme ils se confiaient leurs pensers et leurs soins) Racan commence ainsi: Dites-moi, je vous prie, Vous qui devez savoir les choses de la vie. Qui par tous ses degrés avez déjà passé, Et que rien ne doit fuir en cet âge avancé; A quoi me résoudrai-je ? Il est temps que j 'y pense. Vous connaissez mon bien, mon talent, ma naissance.

Dois-je dans la province établir mon séjour. Prendre emploi dans l'armée, ou bien charge à la

cour?

Tout au monde est mêlé d'amertume et de charmes :

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