‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 6 sur 318 · LES DEUX MULETS · texte numérisé non relu

LES DEUX MULETS

Deux mulets cheminaient, l'un d'avoine chargé,

L'autre portant l'argent de la gabelle.

Celui-ci, glorieux d'une charge si belle, N'eût voulu pour beaucoup en être soulagé.

Il marchait d'un pas relevé,

Et faisait sonner sa sonnette :

Quand l'ennemi se présentant.

Comme il en voulait à l'argent.

Sur le mulet du fisc une troupe se jette,

Le saisit au frein, et l'arrête.

Le mulet, en se défendant.

Se sent percer de coups ; il gémit, il soupire : Est-ce donc là, dit-il, ce qu'on m'avait promis? Ce mulet qui me suit du danger se retire:

Et moi, j'y tombe, et je péris!

Ami, lui dit son camarade, Il n'est pas toujours bon d'avoir un haut emploi: Si tu n'avais servi qu'un meunier, comme moi.

Tu ne serais pas si malade.

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