LIVRE QUATRIÈME
Vous le voyez souvent, je pense?
Tous les jours: il est mon ami;
C'est une vieille connaissance.
Notre magot prit, pour ce coup.
Le nom d'un port pour un nom d'homme.
De telles gens il est beaucoup, Qui prendraient Vaugirard pour Rome ; Et qui, caquetant au plus dru, Parlent de tout, et n'ont rien vu.
Le dauphin rit, tourne la tête ;
Et, le magot considéré.
Il s'aperçoit qu'il n'a tiré
Du fond des eaux rien qu'une bête:
Il l'y replonge, et va trouver
Quelque homme afin de le sauver.
l'homme, et l'idole de bois
Certain païen chez lui gardait un dieu de bois. De ces dieux qui sont sourds, bien qu'ayant des
oreilles :
Le païen cependant s'en promettait merveilles.
Il lui coûtait autant que trois :
Ce n'était que vœux et qu'offrandes, Sacrifices de bœufs couronnés de guirlandes.
Jamais idole, quel qu'il fût,
N'avait en cuisine si grasse; Sans que, pour tout ce culte, à son hôte il échût Succession, trésor, gain au jeu, nulle grâce. Bien plus, si pour un sou d'orage en quelque endroit
S'amassait d'une ou d'autre sorte, L'homme en avait sa part ; et sa bourse en souffrait : La pitance du dieu n'en était pas moins forte. A la fin, se fâchant de n'en obtenir rien. Il vous prend un levier, met en pièces l'idole, Le trouve rempli d'or. Quand je t'ai fait du bien. M'as-tu valu, dit-il, seulement une obole ? Va, sors de mon logis, cherche d'autres autels.
Tu ressembles aux naturels
Malheureux, grossiers et stupides :
On n'en peut rien tirer qu'avecque le bâton. Plus je te remplissais, plus mes mains étaient vides :
J'ai bien fait de changer de ton.