‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 9 sur 318 · LA BESACE · texte numérisé non relu

LA BESACE

Jupiter dit un jour: Que tout ce qui respire S'en vienne comparaître aux pieds de ma grandeur : Si dans son composé quelqu'un trouve à redire.

Il peut le déclarer sans peur;

Je mettrai remède à la chose.

Venez, singe; parlez le premier, et pour cause: Voyez ces animaux, faites comparaison

De leurs beautés avec les vôtres.

Êtes-vous satisfait ? Moi ! dit-il, pourquoi non ? N'ai- je pas quatre pieds aussi-bien que les autres? Mon portrait jusqu'ici ne m'a rien reproché: Mais pour mon frère l'ours on ne l'a qu'ébauché; Jamais, s'il me veut croire, il ne se fera peindre. L'ours venant là-dessus, on crut qu'il s'allait

plaindre.

Tant s'en faut: de sa forme il se loua très fort; Glosa sur l'éléphant, dit qu'on pourrait encore Ajouter à sa queue, ôter à ses oreilles; Que c'était une masse informe et sans beauté.

L'éléphant étant écouté.

Tout sage qu'il était, dit des choses pareilles :

Il jugea qu'à son appétit

Dame baleine était trop grosse.

Dame fourmi trouva le ciron trop petit,

Se croyant, pour elle, un colosse.

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