‹ Fables sénégalaisesChapitre 2 sur 44 · DU SENEGAL ET DEPENDANCES · texte numérisé non relu

DU SENEGAL ET DEPENDANCES

NEPVEU , LIBRAIRE , PASSAGE DU PANORAMA ; FIRMIN DIDOT, RUE JACOB, N° 24; PONTHIEU, LIBRAIRE, AU PALAIS-ROYAL.

eo-c-c-c-c-c.*- s

Nous avons déjà dans noire langue un grand nombre de fables. Il faut bien reconnaure que ee genre de composition offre de graves difficultés , puisque de tant d’écrivains qui 1 ont essayé, quel que soit le rang qu’ils occupent d’ailleurs dans la littérature, La Fontaine est à peu près le seul qui en ait obtenu de la célébrité, le seul qui ait conservé de nombreux lecteurs. La vogue qu’avait d’abord eue La Motte a passé bien vite ; on ne cite que peu de fables de Florian, encore les plus remar-

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quables sont plutôt des contes que des fables (i); tant d’autres qui étaient entrés dans la carrière sont à peu près comme s’ils n’avaient pas existé ; les plus modernes même n’ont guère été plus heureux, quoique plusieurs ne soient pas sans un vrai mérite; il semble que ce soit un parti pris de ne lire de fables que celles de La Fontaine.

Ce serait de ma part une excessive témérité que d’aspirer à plus de succès que mes devanciers; aussi ne me serais-je pas hasardé à publier des apologues qui n’eussent été que mon ouvrage. Mais j’ai pensé que des fables africaines exciteraient peut-être par elles-mêmes l’attention 5 et que la matière première était assez

(i) L’Aveugle et le Paralytique, liv. fab. 20. — L’Avare et son Fils, liv. 4, fab. 10. — Le Pacha et le Dervis, liv. 4 , fab. 7 , etc.

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intéressante pour appeler rindulgence sur rexécution du travail. En effet, ici coinposition , mœurs, peintures, tout appartient aux nègres , tout est différent de ce cpie nous avons, tout a ce caractère neuf, original, qui pique la curiosité.

Les fables sont de tous les temps et de tous les pays. On peut les considérer comme le premier ouvrage, ou plutôt comme le premier amusement de l’esprit humain.

Esope, si ce fabuliste a toutefois existé, et si l’on doit le regarder comme l’auteur de tous les ouvrages qui lui sont attribués, Ésope n’a pas été le premier qui ait imaginé des fables , mais seulement le premier qui en ait composé avec assez d’habileté pour qu’elles se soient conservées sous son nom.

Il paraît que les fables sont également connues de toute ancienneté chez les nèmes ,

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quoique, pour la plupart, ils n’aient pas de

littérature, ni même de langue écrite. Celles que je publie ont été recueillies pendant un long séjour que j’ai fait au milieu des Ghio-

mais on en trouve également chez

toutes les peuplades nègres de cette partie de

l’Afrique.

(i) On donne !e nom de Ghiolofs ^ et quelquefois mal à propos à'Oiiolofs et de Jalofs , aux nègres qui habitent sur la rive gauche et vers rembouchure du Sénégal, dans une profondeur de 40 lieues environ au sud et à Yest. Ils se divisent en trois nations ou royaumes. Celui de Walo, (pii occupe le bord du üeuve; c’est là que nous avons commencé des établissemens de cultures coloniales; celui de Caior , le long de la mer jusqu’au-delà du Cap-Yert; enfin, à l’est de ce dernier, celui des Ghiolofs proprement dit, dont les deux premiers ne sont que des démembremens. La langue des Gbiolofs, qu’on appelle ouolof^ s’étend généralement dans tous les pays voisins. On ne voit rien qui indique qu’elle ait été formée ou qu’elle soit dérivée d’aucune autre. Elle paraît, de même ipie les babîtans, appartenir à cette contrée, sinon de primitive origine, au moins depuis des temps très-anciens.

PREFACE

Les Ghiolofs mettent en scène les hommes, les animaux, et quelquefois les choses inanimées (i)- je n’ai pas remarqué qu’ils fassent figurer les plantes clans ces sortes de compositions, qui sont en général très-ingénieuses.

On ne pouvait pas traduire et répéter à chaque fable les espèces de formules par lesquelles beaucoup de Sénégalais ont l’habitude de commencer et de finir ces récits; mais je crois intéressant de les faire connaître, en passant, comme une chose tout-à-fait bizarre. Celui cjui raconte dit d’abord (2): Lèb-on-na,

(1) Voy. le Loup et le Fusil, fab. 4; la Boule de Beurre et la Motte de Terre, fab. 17.

(2) J’ai quelquefois entendu ces formules employées au temps ])résent : LÈii-NA,ye fais une fable; il y a une fable ; on répond: Lr-rô-NE, ceei amuse, etc.; li correspond à ceeiai exprime \c présent , lou correspond a cela et se rapporte aux auties temps; la particule on ( prononcez one^ est le silène du

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c’est-à-dire , y V/Z fait une fable ^ ou peut-être : il Y a une fable ; la politesse exige que chacun des assistans réponde : Lou-pÔ-on-ne , c’està-dire, cela a été J ait pour ï amusement ^ cela est récréatif Le conteur reprend : Am-on-ne- Fi , cela a eu lieu ici; on lui répond encore : Da -NA-AM, c est vrai , cela a été. Il entre alors en matière ordinairement par une locution équivalente à notre : En ce temps-la , ou à notre: Il y aoait une fois y etc. — Quelques Sénégalais ne manquent guère, après avoir achevé leur récit, d’ajouter cette phrase assurément bien singulière : Ici la fable est allee

passé. Les temps sont marqués dans la langue ouolofe avec une simplicité, une régularité parfaite ; mais ce qu’il y a de curieux et de nouveau pour nous, c’est qu’on est dans l’usage d’exprimer aussi, par un procédé très-facile, les distances relatives des personnes et des choses dont on parle. ( Je me propose de publier prochainement un mémoire sur cette langue intéressante.)

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tomber dans la mer^ ou dans Veau (Filé lÈü

DORKIIÉ TABI GHEIE ).

Les fables ne paraissent destinées, par les

Sénégalais , qu a l’amusement. Tandis que

nous considérons la concision comme un des grands mérites de ces sortes de compositions, les nègres s’y laissent aller volontiers à la prolixité. Dans le prologue de ce recueil, je décris avec exactitude une scène de fabuliste au Sénégal. Le conteur attire ordinairement un nombreux auditoire; il ne néglige rien pour occuper l’attention, pour amuser; tant qu’il voit qu’on l’écoute avec plaisir, il s’évertue à prolonger le récit, ce qui lui est facile, parce qu’il improvise en prose. Les vers ne sont pas connus en ouolof; cependant ce langage prend parfois quelque chose de soigné, de cadencé, qui sent la poésie.

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Le nègre conteur de fables aime à reproduire les mêmes pensées , à répéter les mêmes expressions ; ce genre d’ornement paraît dans la nature , puisqu’il est familier à tous les peuples nouveaux, à toutes les langues dont la littérature n’est pas encore formée. On en trouve beaucoup d’exemples dans les plus anciens auteurs , notamment dans la Bible et dans Homère.

Chez les fabulistes sénégalais, le récit est toujours accompagné de mouvemens et de gestes imitatifs. Quelquefois il s’y mêle des chants adroitement introduits et qui font corps avec le sujet. On en verra des exemples dans les fables 6 et 8, le Loup et la Gazelle^ et le Loup qui veut faire Tabaski.

Les fables des nègres diffèrent encore des nôtres en ce que les premiers n’ont pas de

A JL» V i

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moralités exprimées positivement, ni meme souvent d’intentions morales adroitement sous-entendues , comme notre La Fontaine en a fourni de si heureux modèles. Du reste, il ne faut pas trop s’en étonner ; Phèdre est quelquefois dans le meme cas , et les Métamorphoses d’Ovide en offrent aussi des exemples continuels. Ce n’est pas cependant qu’il ne soit presque toujours facile à un esprit exercé de déduire une morale des faits racontés; mais les nègres paraissent n’y pas penser, et cette manière de voir leur est totalement étrangère. Je demandais un jour a Vun d’eux, après lui avoir expliqué ce que nous entendons par morale des fables, quel était , suivant lui , le sens moral de la fable 3,

le Lapin qui se reoèt de la peau d^uie Gazelle : S

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quelque temps, que lorsqu’on est adroit on peut se dispenser de payer ses dettes (i).

Le mot n’est pas dépourvu de sens; pour un homme peu délicat, il est exactement la conséquence de la fable. Cet exemple prouve, après mille autres , qu’on fait dire aux choses tout ce qu’on veut, suivant la manière de les envisager. On en peut conclure que nous agissons sagement, dans nos littératures perfectionnées , en adoptant l’usage d énoncer

(i) Dans noire France orgueilleuse, beaucoup de gens illettrés ne feraient pas encore une réponse si raisonnée. Combien en existe-t-il pour qui le charme de La Fontaine a été et sera toujours perdu; qui ne comprennent rien ni à ses fables, ni à leur morale! Ce n’est pas une histoire hors des limites du vrai que celle de ce tailleur allemand qui, après avoir débité à sa manière la fable du Corbeau et du Renard, disait que « /a morale il était clans la fromâche. »

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explicitement la morale des fables. Sans cette précaution, on serait effrayé, comme je l’ai souvent été, des conséquences funestes que des esprits peu droits, abandonnés à leurs propres interprétations, pourraient tirer des meilleures leçons de sagesse qu’ait voulu donner La Fontaine, dans toute la simplicité de son caractère.

Les nègres attacheraient plutôt à leurs fables un sens satirique que moral; elles sont quelquefois pour eux ce qu’était originairement la comédie pour les Grecs. C’est trèscertainement une des causes du plaisir qu’ils y trouvent. Considéré de cette manière, l’apologue doit d’autant plus convenir aux hommes, qu’ils sont dans un état de dépendance et d’avilissement; c’est alors en meme temps un sujet de consolation et d’amusement; c’est même un petit moyen de vengeance , sorte

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de satisfaction que les misérables n’apprécient pas moins que les dieux. Aussi , dans l’histoire bien incertaine que nous avons de la vie d’Ésope , et dans les ouvrages qu’on lui attribue , voyons-nous que ce fabuliste eut bien plutôt pour but d’amuser et surtout de critiquer que d’instruire.

Cette idée d’instruire par les fables, par les comédies , et par d’autres compositions purement littéraires, était étrangère aux individus qui, dans les temps très-anciens, se sont livrés à ces sortes de travaux. Ils ont voulu plaire, se faire admirer, ou donner cours à leur esprit satirique , en suivant presque sans y songer un penchant naturel du cœur humain , le désir de se placer hors de la ligne commune. Aussi, chez tous les peuples, les premiers fabulistes, comme les premiers conteurs et comédiens, n ont été

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que des farceurs, des jongleurs, des griots, des amuseurs de gens. C’est scideinent plus tard que des hommes distingués par leur mérite , et par l’estime d’eux-mêmes , ayant formé et dominé la littérature , ont imaginé de l’ennoblir et de s’ériger en précepteurs ' du genre liumain. Loin de moi la pensée de contester l’influence favorable des lettres sur les progrès de la civilisation , sur le perfectionnement des esprits ; mais j’avoue que je ne suis pas encore parvenu à me persuader tout-à-fait que le théâtre soit une école de mœurs , et que les fables soient des leçons de sagesse. Je n’ai guère vu que Molière et La Fontaine, qui ont fait et feront les délices de tous les hommes sensibles et éclairés, aient corrigé le pervers, ou formé l’honnête homme. JYe serait-ce pas là de ces exagérations philosophiques et d’amour-propre litté-

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.raire, que désavouerait une observation impartiale (i)?La Fontaine, dans sa modeste simplicité , croyait travailler pour \ instruction de r 'enfance ; mais c’est ce qu’on peut appeler une des bêtises du bon~homme ^ suivant la piquante expression de Fontenelle(2). Aussi, maintenant, a-t-on senti le ridicule de mettre ses fables dans les mains des enfans. Nul n’est trop vieux , trop avancé pour en bien jouir.

Les Sénégalais en sont encore à ce point où l’on se contente d’amuser les gens, sans

(1) On ne perdra pas de vue qu’il n’est ici question que des fables et des comédies , mais non des ouvrages scientifiques , ou de ceux qui sont composés spécialement pour l’instruction des hommes.

(2) Fontenelle, dans son Éloge de La Fontaine, faisait ainsi allusion au mot si connu de madame de La Sablière ; « En vérité, mon cher La Fontaine, vous seriez bien bête , si vous n’aviez pas tant d’esprit. »

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avoir la prétention de les éclairer et de les rendre meilleurs. Aussi, comme je l’ai dit plus haut, on ne voit dans leurs fables aucune moralité déduite du sujet. J’ai cru devoir y suppléer pour notre usage. Toute la partie morale qu’on trouvera dans ce recueil a donc été ajoutée par moi.

, Cependant, lorsque j’ai trouvé que les compositions originales se terminaient en forme de réflexion , ou de résultat quelconque du récit, je n ai rien changé, afin de mieux faire connaître l’esprit et l’intention des nègres. C’est ce qu’on observera principalement dans la fable 8 , le Loup qui 'veut Jaire Tahaski^ et dans la fable 6, le Loup et la Gazelle.

‘ Cette dernière fable, par exemple, dans laquelle un loup est joué par une gazelle, se termine ainsi :

Le Loup, depuis cette querelle.

Guette, surpreud et croque la Gazelle.

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Philosophiquement, ou moralement, cette conclusion bizarre ne signifie rien; on pourrait même dire qu elle tend à justifier les actes de despotisme et de férocité qu exerce la force contre la faiblesse. Pour y trouver un sens, il faut peut-être se reporter au désir vague qu’ont les Africains , comme tous les hommes, en général, de rechercher, d’expliquer, d’une manière quelconque, les causes et l’origine de ce qui est.

Cette curiosité des choses naturelles est remarquable chez les Sénégalais, quoiqu elle soit sans méthode et sans direction. Elle n a rien de contraire à leurs habitudes un peu apathiques , parce qu’elle se nourrit de 1 esprit de contemplation. C’est cette disposition qui les rend aussi susceptibles qu’aucun autre peuple, du grand besoin de croire et de craindre ; c’est elle qui leur fait adopter des

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contes de revenans , de sorciers , d’etres surnaturels , et des terreurs plus ou moins ridicules. Sous ce rapport, en effet, comme sous tant d’autres , j’ai trouvé les noirs tout-à-fait dignes d’étre blancs.

Mais si, de ce côté, leur curiosité devient pour eux une source d’erreurs, elle les sert mieux dans l’étude des êtres positifs qui les environnent. Ils connaissent généralement bien le mode de végétation et les propriétés des plantes. Ils possèdent aussi , sur les habitudes des diverses espèces d’êtres vivans répandus dans cette contrée , des notions vraies et souvent délicates, que peut seul produire un examen attentif de la nature. On ne trouvera pas sans étonnement, dans leurs fables , des détails frappans de vérité et les peintures les plus exactes des mœurs des animaux. La fable i*’^, le Singe et Je Lapin ^

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offre surtout, clans ce genre, un exemple de leur esprit d’observation.

J’ai tâché de conserver, autant que possible, ces traits caractéristiques, ces imitations de la nature que j’ai remarqués dans les récits des nègres • j’ai ménagé aussi tout ce qui reproduit le genre de civilisation , les usages d’un pays si intéressant, mais si peu connu, si différent du nôtre au moral comme au physique. Cependant, sous ce rapport, la difficulté d’expliquer en vers, et dans des cadres très-resserrés , des choses nouvelles , m’a souvent restreint et gêné. Cédant au besoin d’entrer dans les détails convenables, sans ralentir la marche du récit, sans laisser perdre aux fables africaines leur caractère propre , quelque répugnance que j’en aie éprouvée d’abord , il a bien fallu avoir recours à des notes : j’ai même fini par y prendre

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goût , comme à un moyen indirect de faire connaître une contrée vraiment curieuse, jusqu’à présent très-mal jugée , et qui 11 attend pour prospérer que les faveurs de 1 opinion publique. Ces notes seront reportées , avec des numéros de renvoi, à la fin de chaque fable, ce qui distraira moins l’attention, que si elles étaient placées au bas des pages.

Il eut été désirable que la manière de conter des Sénégalais et leur style, si l’on doit leur appliquer ce mot , eussent pu se traduire avec une parfaite exactitude ; je n’ai rien négligé pour me tenir constamment très-près de l’original 5 cependant il ne faut pas attendre a cet égard une imitation servile, surtout si l’on réfléchit qu’il s’agit d’une langue sans littérature , de récits faits de vive voix et non fixés par écrit.

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Quelques personnes penseront peut-être que la prose aurait été plus favorable que des vers pour donner une juste idée du texte ouolof ; mais il ne faut pas perdre de vue que le texte, le style, est ce qu’il y a de moins intéressant dans les fables africaines. J’ai dû m’attacher, surtout à reproduire l’esprit du sujet, le mouvement général de l’action , les intentions amusantes et les peintures locales y j’ai dû resserrer ce qui nous aurait paru trop étendu, souvent retrancher, quelquefois ajouter, enfin imiter plutôt que traduire. D’un autre côté, la langue française semble avoir repoussé désormais les tables en prose ,* la poésie s’est emparée exclusivement de ces sortes de compositions • elle leur prête en effet un charme que rien ne peut remplacer; On doit observer, d’ailleurs,

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que faire connaître la langue ouolofe , n est pas l’objet de cette publication ; nies recbercbes sur cette langue sont consignées dans un autre travail.

Ce recueil pourrait se diviser en trois

parties :

La première, incomparablement la plus nombreuse, ne contient que des fables traduites ou imitées de l’ouolof. Il n en est pas une que je n’aie entendu raconter par des Sénégalais, et dont je n’aie conservé le caractère propre.

La seconde renferme des fables dont les sujets, les acteurs et les descriptions appartiennent aux contrées du Sénégal.

Les fables, en petit nombre, qui composent la troisième partie, n’ont de droit au titre de Sénégalaises que parce qu’elles ont été composées pendant mes voyages au Sé-

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négal ; il m’a paru que c’en était assez pour les faire admettre à côté des autres, au moins comme sœurs d’adoption.

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