LE LOUP ^'^ ET SA FEMME A LA COUR ^^K
Un Loup pauvre, rustaud, vivait battu-battant, £t j>our surcroît de maux il avait une femme ; Femme fantasque, altière, et comme on en voit tant,
Chez mesdames Louves , s'entend ,
Je ne fais pas une épigramme.
« Gourmand, lui disait-elle, ignorant, paresseux.
Tire-nous donc de la misère ;
C'est trop vivre comme des gueux; Plutôt que t'épouser, j'aurais, ma foi, fait mieux
D'aller tout droit à la rivière ! »
— « Hélas ! disait le pauvre époux ,
La fortune nous est contraire, J*ai voulu vainement Isl ramener à nous.
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SÉNÉGALAISES. 111
Je ne sais, il est ¥iai, lîea £ûie;
Mais tous ces messîeafs que je tw
En sayent4k bien f^ns que moi?
Si je n'ai pas leurs gentillesses,
Tai plus qu'eux besoin de lidiesses.
Et m'en senrirai mieux, je croî!
messieurs, chacun son tour, et c'est le nûen, ma foi!
Youle^Yons voir de mes prouesses? .
Nommez^oi grand^Teneur du loi. >
Chacun s'étonne; on se regarde; £t puis chacun de rire et de le renvoyer:
C'est un fou qu'il faudrait lier!
Il insiste, il se fâche, et même un vieil huissier Dit qu'à montrer les dents le drôle se hasarde. On lance contre lui tous les chiens d'alentour;
Dieu sait s'il en est à la cour !
Chiens bassets, chiens couchans^ dogues et chiens de garde Donnent au grand-veneur la chasse tout le jour.
Le Loup, battu, honteux et maudissant sa femme, Voulut se venger de la dame.
« Pars, lui dit-il à son retour,
Pars vite, on t'attend chez la reine; On veut bien t'accorder une place à sa cour,
Et notre fortune est certaine. »
La Louve y fut prise à son tour.
On dit qu'elle en mourut. Le Loup, ne vous déplaise.
S'en désola pendant... un jour, Puis il eut le plaisir d'être gueux tout à l'aise.
Restons toujours dans notre état ; Restons sans quereller, sans chercher de l'éclat,
C'est ma thèse.
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