FABLE XV
LE LOUP (*\ LE BOEUF ^'^ ET l'ÉLÉPHA^NT ^^\
Un Loup se laissa choir, la nuit, au fond d'un trou;
S'en {irer n'était pas facile :
Il grimpait, retombait, s'agitait comme un fou^ Vains travaux, vains efforts; c'était peine inutile. Épuisé, tout honteux, quand le jour fut venu: A mon aide! au secours! criait la pauvre béte.
Certain Bœuf, personnage honnête,
S^approchant, par les cris ému,
Vers le trou présenta sa tète.
« Au nom de Mahomet , Marabout généreux , Lui dit le pauvre Loup d'une voix souterraine ,
Viens secourir un malheureux.- Permets que par la queue un moment je te tienne,
Et de ce trou malencontreux
Tu pourras me tirer sans peine. »
Le Bœuf lui répondit: «Je voudrais t'obliger.
Hais aussitdt hors de danger, Tu suivrais, contre moi, ton instinct sanguinaire,
Et la mort serait mon salaire. »
— . Je te respecterai , j'en jure par ma mère (4) ,
Reprit le Loup: un tel serment
T'assure ma reconnaissance;
Prends donc pitié de mon tourmeat. >• -
Le BcEuf, touché de sa souffrance. Tendit au Loup sa queue au fond de la prison , Et le tira du trou comme on pèche on poisson.
Il voulait suivre son voyage ; Mais le perfide Loup lui barra le passage.
L'Éléphant , par hasard , vint là; Il ^lut se soumettre à son haut arititrage. '
Voici ce qu'il imagina :
" Ce procès, dit-il, m'embarrasse;
Que chacun se remette en place, Jf verrai mieux comment la scène se passa. i> ' = Loup fut, dans son trou, forcé de redescendre.
SENEGALAISES. 121
« Que chacun maintenant fasse comme il voudra , » Dit alors l'Éléphant; — et puis il s'en alla.
Le Bœuf) ne s y laissant plus prendre,
S'enfuit , et le Loup resta là.
L'ingrat en vain croit pouvoir s en défendre; Un juste châtiment tôt ou tard l'atteindra.
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