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FABLE LT

Un enfant échappé de l’école Jouait dans un jardin, et dans son humeur folle Disait au jardinier : — T’es bien heureux, Colas,

Je te vois tous les jours, a ton aise et nus bras,

Aller , venir , planter des roses ,

Et faire cent autres choses.

Moi je reste collé devant mon rudiment.

Qui m’embête fameusement.

— « Monsieur, dit le planteur, vous ne méritez guère » Ce que fait pour vous votre père.

» Vous imaginez-vous que, du matin au soir,

» Pour mon plaisir je tienne ce plantoir ?

» Si je ne suis pas fait pour être votre maître,

» Que mon exemple au moins vous fasse ici connaître

Qu’on ne re'colte rien quand on n’a rien semë ; Perdez tout votre temps, ma foi j’en suis charmé.

» Au point où nous en sommes,

C’est le savoir tout seul qui distingue les hommes ; » Ne faites rien , mes voeux sont accomplis ,

Je ne peux qu’y gagner , cela fait mon affaire •>

Car j’ai planté les choux de monsieur votre père , Et vous pourrez fort bien planter ceux de mon fils

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