‹ FablesChapitre 7 sur 102 · F1BLE VI · texte numérisé non relu

F1BLE VI

Un paysan tenait un pot de miel;

Une mouche le pique,

Il réplique,

Elle fuit dans le ciel.

Tous deux, à Jupiter, adressent leur requête.

L’homme dit : ce miel était a moi ;

Non, dit la mouche, il était ma conquête.

— Quand c’est moi qui l’ai fait, comment est-il a toi? — Gomment? je l’ai trouvé dans ma prairie.

— Moi, je l’ai puisé dans les fleurs.

— Ces fleurs étaient a moi. — Quelle plaisanterie; Elles sont a l’aurore et vivent de ses pleurs.

Jupiter leur répond : cessez tous ces murmures,

Allez, chétives créatures,

Vous avez tous raison, et tous vous avez tort. Subissez votre sort.

Vous n’avez rien a vous, et vous voulez tout prendre L’homme, des animaux, prétend qu’il est le roi*

En despote il agit pour se faire comprendre.

— Mais peut-il donc se plaindre en bonne foi; Couvert de fer dans les batailles.

Derrière un bouclier ou derrière un rempart ,

Ou renfermé dans des murailles,

Qu’une mouche ait un dard !

Souvent, ainsi, celui qui nous offense Ose accuser notre défense.

On dit que, par ces mots, le roi des dieux finit:

Un homme de six pieds est encor bien petit.

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