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FABLE LXXXII

Un magnétiseur annonçait Qu’une fille dormait";

Alors la femme ronfle,

Et le magnétiseur se gonfle ;

Vous parle de Bléton,

De la vertu de son bâton,

Et d’une jeune somnambule Qui jouait, en dormant, la nuit dans sa cellule; Celle-ci, moi, j’y crois.

Mais il ajoute une autre fois :

On a guéri des écrouelles Des demoiselles.

Sans y toucher;

La dessus il fallut se moucher.

Une autre fois encore,

Un dormeur a guéri tous les maux que Pandore A répandus à pleines mains Sur les humains.

Un dévot s’écria: vraiment c’est magnifique.

Une fille qui dormait peu ,

Et qui connaissait bien les atous de son jeu, Repartit, en riant : — C’est comique.

La bile commençait, entr’eux, a s’émouver;

On entendit dans l’auditoire :

— « Quand la vertu dit qu’il faut croire,

» Le vice dit : il faut prouver.

» Le vice, fertil-e en mensonges,

» Est juge compétent par son habilité,

» Et celui qui long-temps voit l’erreur dans les songes » Finirait par jurer qu’il voit la vérité. »

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