CONSIDÉRATIONS SUR LES CORDAGES
La fabrication des cordages nous fait assister à une transfor-* mation des plus intéressantes. Aux anciens ateliers nécessitant des espaces considérables pour le développement total des câbles à produire à la main, tendent à se substituer des outillages manufacturiers qui fabriquent les cordages d'une façon continue dans des emplacements circonscrits et soustraient l'homme à des efforts réservés aujourd'hui aux divers moteurs dont l'industrie dispose. M. Ouarnier, de Compiègne, a présenté à l'Exposition un assortiment complet pour transformer la filasse en fil de caret, et réunir ensuite les fils de caret en torons et les torons en câbles. Cet outillage possède, sauf les dimensions, une grande analogie avec les machines à mouliner ; il doit, d'ailleurs, comme tous les métiers à doubler et à retordre, fonctionner avec une précision et une régularité qui rendent plus difficiles les résistances à vaincre dans ce cas particulier. Nous regrettons de n'avoir pas vu figurer à l'Exposition quelques spécimens du matériel utilisé pour la production des ficelles, dont les machines à retordre, à polir, à pelotonner, etc., ne sont pas les moins curieuses. Les produits, d'ailleurs, sont de nature à représenter dignement la corderie française, et forment une échelle complète depuis les ficelles blanches les plus fines destinées aux filets, aux articles de harnachement, et les ficelles de couleur du poids de 100 grammes les mille mètres, jusqu'aux câbles de mine à 12 kilogrammes pour la même longueur et aux plus gros grelins. Les cordes métalliques, comme les cordes de chanvre, présentent une régularité de façon qui indique les progrès réalisés dans cette
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direction par les principaux manufacturiers, parmi lesquels se sont particulièrement distingués MM. Besnard et Genest, Marcheteau,* Potrai et G. Laroche, et Larivière, gérant de la Commission des ardoisières d'Angers. M. Larivière a complété la remarquable exploitation qu'il dirige, par rétablissement d'une corderie mécanique où sont confectionnés tous les câbles d'extraction dans des conditions toutes spéciales ; Tangle de torsion adopté par la corderie des ardoisières pour obtenir le maximum de résistance à la rupture a été déterminé avec un soin dont de recenses expériences au port de Lorient ont démontré la portée. MM. Martin Stein et G% de Mulhouse, doivent être également comptés parmi les cordiers les plus en progrès pour les soins apportés à la fabrication du câble de M. Hirn; les premiers ils ont établi ce nouveau mode de transmission dans des conditions telles que l'industrie pût en faire une application générale pour les commandes à grande distance. Pour donner une idée de la variété des produits de la grosse corderie et des résistances relatives, nous reproduisons plus loin le tableau dressé à cet effet aux ardoisières d'Angers, Les chiffres de ce tableau peuvent servir h démontrer ce que M, Combes avait déjà indiqué en 1836, dans un travail inséré dans les Annales des Mines ^ à savoir : que l'emploi du fer dans les cordages permet d'économiser la dépense, d'avoir moins de poids par unité de longueur pour une même résistance, et d'obtenir plus de durée,
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