CHAPITRE I
§ t. — Du coton.
L'un des progrès les plus réels et les moins palpables, si ce n'est à l'inspection des produits, consiste dans la détermination la plus avantageuse du nombre des machines, et dans le réglage de leurs organes, en raison des caractères de la matière à traiter et du fil àtobtenir. Le praticien compétent modifie suivant l'occasion l'assortiment dont il dispose ; dans
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certains cas, il fait subir à la substance une désagrégation éner^gique par un passage à Touvreuse^ et deut ou même trois bat«tages successifs pour ne carder ensuite qu'une seule fois ; dans d'autres, le nombre des battages est diminué et celui des oardages accru; dans d'autres encore, le battage el le cardage spnt complétenient remplacés par des démêlage et pei*gnage. Puis, les préparations ultérieures sur les bancs à broches et les étirages se multiplient suivant le numéro du fil . à produire* Les méthodes rationnelles, dues surtout à la vulgarisation des données théoriques, méritent d'être signalées, parce qu'elles réagissent chaque jour sur la composition du matériel, et sont devenues une des causes du progrès. Les or^ ganes alimentaires, qui doivent fournir la matière brute aux premières machines, ont subi diverses modifications dans le but de régler la livraison et d'uniformiser le travail, de façon à transformer dans l'unité de temps la même quantité proportionnelle de coton. *La ventilation pour débarrasser les fibres aussi complètement que possible de la poussière et des impuretés qu'elles contiennent a été encore perfectionnée, de manière à éviter tout préjudice à l'hygiène des ateliers. Le réglage des machines permet d'en faire yflri^r certaines parties suivant la nature des filaments et leur état de pureté. Des compteurs arrêtent spontanément l'opération, lorsqu'une longueur de nappe déterminée a été produite, afin de posséder dès le début du travail une base constante.
Les appareils alimentaires des cardes ont été l'objet de soins tout particuliers : les deux cylindres antérieurement employés sont fréquemment remplacés par un cylindre unique recouvert à la partie supérieure d'une sorte d*auge ou chapeau concave ; les fibres entraînées par ces deux circonférences concentriques se trouvent ainsi livrées aussi près que possible de la garniture du gros tambour. L'importance ôfi cette condition est reconnue dans le travail des cotons courts, qui autrement, échappent à
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l'appareil d'alimentation avant d'être livrés à la carde, tombent Qu s'entoulent autour des cylindres, de façon à causer les coupures désignées splis le nom de barbes^ ou tout au moins des inégalités qui persistent. Nous devons à la jnémoire de l'un des hommes qui ont le plus contribué aux perfectionnements de la filature du coton^ à M. Bodmer père, de reconnaître qu'il avait proposé, il y a plus de trente ans, diverses dispositions d'alimentation basées sur le mouvement de rotation d'un cylindre dans une auge. L'adoption récente de ce principe, provoqué3 par l'emploi de nouveaux cotons à fibres très-courtes, n'en constitue pas moins un progrès.
Les divers systèmes de débourrages automatiques du gros tambour, des hérissons et des chapeaux, dont les avantages étaient encore plus ou moins discutés en 1862, sont généra-, lement adoptés, au grand profit de la pureté des préparations, du bop entretien des cardes et de la. santé du personnel. Ce résultat n'a pu être atteint sans de nombrei» perfectionnements, qui assurent au fonctionnement de ces mécanismes une justesse mathématique.
Les peignes détacheurs h mouvement de va-et-vient alternatif, qui causaient le seul bruit désagréable de la carde, ne donnent plus lieu à cet inconvénient, bien que la vitesse de ces appa^ reils ait été douée d'une nouvelle accélération.
Les bancs d'étirage, si parfaitement adaptés à leurs fonctions et si peu susceptibles de changements, présentent cependant aussi quelques modifications heureuses. La mèche de préparation, en passant toujours sur les mômes points des cannelés, formait une sorte de sillon qui déterminait une usure assez rapide; on imprimq aujourd'hui à la préparation un mouvement lent de va-et-vient qui l'amène successivement sur toute la longueur du cannelé et en prolonge la durée*
L'enlèvement des poids ou pressions appliquées sur les rouleaux de l'étirage rendait souvent le service de la machina pé-
nible et lent pour Touvrière chargée de la surveiller ; une manivelle établie à la partie antérieure permet, à l'aide d'une transmission des plus simples, de soulever sans effort et simultanément un certain nombre de poids successifs. Nous ne parlons pas de^ la modification qui consiste à substituer six paires de cylindres aux quatre en usagé ; cette disposition n'ofifre rien de bien important au point de vue de Toriginalité, et l'accroissement de régularité qui devrait en résulter au dire du constructeur n'est nullement démontré.
• Les bancs à broches, sans avoir subi des transformations fondamentales, sont encore l'objet de divers perfectionnements. Outre les améliorations signalées sur la machine précédente, nous voyons les broches et les ailettes plus solidement construites et combinées de façon à supprimer les vibrations, qui causaient de fréquentes ruptures, limitaient la vitesse et la production. Des mécanisnaes débrayeurs spéciaux arrêtent plus rapidement l'appareil; une disposition particulière des chapeaux permet de découvrir simultanément, au moyen d'une manivelle, le pied d'une même série de broches pour effectuer le graissage, et de recouvrir hermétiquement les crapaudines. Les cylindres de pression sont nettoyés à l'aide de petites toiles sans fin, ramenées constamment sur les rouleaux par la pesanteur de l'un des axes en fer autour desquels elles se meuvent dans le sens de ce mouvement, entraînées parles cylindres euxmêmes, de façon à présenter toujours une nouvelle surface exempte de duvet. La maison Schlumberger expose un banc à broches oîi les cônes sont remplacés par des plateaux de friction, afin d'obtenir* des points de contact plus exacts et mieux définis ; la commande du chariot est, en outre, séparée de celle de l'en vidage; les deux plateaux, disposés dans des pïans symétriques, correspondent à ces deux fonctions distinctes de l'appareil. Une maison anglaise a également cherché à remplacer les cônes par de doubles disques en fonte, entre lesquels
un plateau de friction peut glisser dans lé sens vertical pour recevoir des vitesses variables.
Toutefois, la précision et la complication de ces machines continuent à donner à la broche une valeur quatre ou cinq fois plus grande que dans le métier à filer le plus complet, et Ton a été naturellement tenté de les remplacer par des appareils plus simples. L'industrie normande empbie parfois pour la production des bas numéros le rota frotteur *, oik le frottement remplace la torsion ; une machine de ce genre est exposée par un Rouennais. Cette machine ne s'est pas propagée, malgré son prix relativement peu élevé, en raison de l'imperfection des résultats ; quelques constructeurs cherchent en ce moment à faire disparaître les causes de cette infériorité.
g !S. — Travail dn ehaiiTre» da lin, da Jute et dn ehina^grass* — TrÉuisfomiattoiis après la réeolte en dehors des lilatares.
Les opérations préliminaires destinées à extraire la filasse des tiges, des feuilles et des écorces des plantes consistent dans le rouissage, le broyage, l'assouplissage, le teillage et l'espadage.
Les moyens mécaniques pour ces diverses transformations ne sont que partiellement représentés à l'Exposition et n'offrent rien de nouveau. Quelques produits seuls témoignent delà persistance des recherches dans une voie plus rationnelle que celle généralement suivie. Les machines exposées sont des appareils à cylindres cannelés connus depuis longtemps et employés à broyer les tiges avant ou après le rouissage, des machines à espader d'un usage général en Belgique, des teilleuses plus ou moins perfectionnées. Quant aux procédés chimico-mécaniques, grâce auxquels certains inventeurs sont parvenus à rouir la filasse plus à fond sans l'altérer, à là désagréger au point de
* Voir Traité de la filature du coton.
rendre le premier ci'émage des fils superflus et à obtenir automatiquement des produits plus fins que par le rouissage incomplet) généralement en usage, ils ne figuraient que par leurs résultats. Cette lacune est d'autant plus regrettable que la question reste, comme en 1862, Tun des problèmes les plus importants de l'industrie linière et chanvrière. Les considérations présentées par nous dans le rapport officiel sur l'Exposition internationale de 1862 pour expliquer les causes de la lenteur du progrès dans cette direction subsistent encore aujourd'hui. Des faits récents, qui trouveront leur place dans l'examen du matériel de la filature, viendront à l'appui d'une opinion que nous nous bornons à rappeler K
§ s. — Préparations des filatures.
Les machines à peigner, a préparer le lin et le chanvre sont représentées d'une façon complète, notamment dans la section anglaise, où une maison de Leeds expose un assortiment irréprochable. Les principes de la construction antérieure n'ont pas été modifiés *, mais tous les détails témoignent d'un soin et d'une prévoyance extrêmes. Gomme dans les machines du coton, le graissage des broches, la manœuvre des pressions, le nettoyage des rouleaux, l'écartement des cannelés sont l'objet de perfectionnements minutieux; les engrenages se trouvent enveloppés, afin de mettre le personnel à l'abri de tout danger, sans que le recouvrement des pièces soit un obstacle à la rapidité du service, toutes les fois qu'il s'agit d'effectuer l'un
* Voir le tome IV des Rapports du jury international sur V Exposition de 1862, p. 443. Alcan. (Reporter and reports of the international jury, classe XIX, p. 7.)
* Voir la descriptioa de ces .machines à lin dans l'Essai des industries textiles y par Michel Alcan.
de ces changements de réglage si fréquents dans le filage du chanvre ou du Jin. Deux peigneuses ont été exposées en France. L'une, construite par la maison P. Ward, de Lille, est basée sur une progression rationnelle de Taction ; cette machine se pro« page chaque jour davantage. L'autre système, d'une disposi* tion ingénieuse, a, selon nous, le défaut de ne point tenir asse2 compte de l'utilité de cette progression, lorsqu'il s'agit de démêler une matière encore gommeuse et mal désagrégée comme le sont actuellement le chanvre et le lin.
La présence 'd'un excès de gomme dans les fibres a conduit les filateurs du nord de la France et de la Picardie à soumettre les bobines de préparations à une imbibition d'eau chaude avant de les livrer au métier à filer. L'appareil où s'effectue cette opération est établi de façon à y faire un vide partiel et à régulariser ainsi la pénétration des couches intérieures par le liquide dissolvant. Mais le succès môme de ce procédé prouve l'inefBcacité du rouissage actuel ; c'est véritablement un second rouissage destiné à faire disparaître une partie du corps gommeux qui s'oppose au glissement des filaments, et qui nécessite sur les métiers un travail mécanique disproportionné avec le résultat« Des procédés plus précis que ne le sont les t&tonnements du rouissage campagnard deviennent donc indispensables ; les moyens existent, mais sont impuissants contre la routine, et ne se propageront pas au profit de nos campagnes et de nos colonies» si l'administration ne juge utile d'intervenir pour faire disparaître dans un temps donné un travail aussi malsain qu'irrationnel. Du jour où une pareille décision serait prise, les intéressés sauraient créer, dans les centres producteurs, pour le traitement des chanvres et des lins, des usines comparables aux ateliers d'égrenage établis dans les pays cotonniers. De là aussi surgiraient de sérieuses transformations dans le matériel de la filature, qui ne peut, malgré la perfection des organes, rivaliser de finesse avec les produits de la main ; de là, enfin, résulterait
une régularité de filage à peu près impossible aujourd'hui.
Le^jute, dont la consommation augmente constamment et gui devient le plus puissant auxiliaire du lin et surtout du chanvre dans la production des articles communs, est expédié de rinde après rouissage. Sa mise en œuvre epge peu de modifications au travail des matières similaires, à part un graissage préalable des filaments. Ce textile est transformé, comme le chanvre et le lin, sur deux assortiments, l'un réservé aux fibres longues et l'autre aux étoupes. Le china-grass, encore à l'état d'essai, subit un rouissage alcalin avant d'être livré aux machiner préparatoires.
En attendant la réforme du rouissage actuel, nous donnons la description de l'appareil dont on se sert dans quelques filatures pour opérer sur les bobines contenant la préparation. (Fig. 5, pi. I.)
Dans une grande cuve cylindrique A B G D, en forte tôle, assez solide pour résister à cinq ou six atmosphères, on peut à volonté faire arriver de l'eau tiède ou froide, de la vapeur ou de l'air, et les faire sortir également à volonté.
A l'intérieur de cette cuve, dont le couvercle est solidement fixé par de nombreux boulons, se trouve un porte-bobines mobile sur un axe «6, portant un grand plateau MN. Ce plateau est armé de baguettes cylindriques rf, rf, rf, dont le diamètre et l'espacement sont en rapport avec l'espèce des bobines en bois employées. Un trou d'homme 0, ayant 0"*,34 de grand diamètre sur 0"*,28 de petit diamètre, sert d'obturateur pendant le travail, et permet une fermeture hermétique grâce à un joint en caoutchouc fortement comprimé par deux vis de pression P, P (une seule est dessinée) .
Autour des axes, la vis, portée sur un châssis en forme de demi-cercle, peut tourner, s'abattre sur le couvercle, et l'obturateur muni d'une main B' peut s'enlever. On met ou on enlève les bobines par ce trou d'homme.
ta
Les bobines étant disposées dans l'intérieur, on ferme l'obturateur.
On ouvre le robinet de vapeur K et le robinet d'air V. La vapeur chasse l'air renfermé dans l'appareil, puis celui contenu enti*e les mèches des bobines.
Après cinq à dix minutes ou un peu plus ou moins de temps, on peut ouvrir le robinet X d'eau froide, une condensation rapide s'opère en remplissant l'appareil d'eau.
Si le travail a été bien fait, les couches des mèches des bobines doivent être parfaitement imbibées.
Quelques personnes font arriver de l'eau tiède ou bouillante, ou provenant d'une opération antérieure, mais alors il faut accélérer ce travail en ouvrant le robinet V, afin de faciliter le départ de l'air qui, dissous dans l'eau, se dégage dans le vide,
et aussi de la vapeur qui, s' accumulant dans le haut de l'appareil, y forme une pression qui empêche l'entrée de l'èau.
Parfois aussi, on fait bouillir cette eau de manière à dissoudre plus complètement la gomme.
Ces opérations étant ternjinées, on laisse écouler l'eau, en ouvrant le robinet, Q et en enlevant l'obturateur. On ôte les bobines et on les met sur le métier. On s'est très-bien trouvé pour le chanvre très-rude, après cette sortie de l'eau, et lorsque toutes les bobines sont bien mouillées, de faire de nouveau entrer de la vapeur à quatre ou cinq atmosphères. Il en résulte, pendant dix minutes que dure l'action, une transformation complète dans la nature rebelle de ce filament, qui peut ensuite se filer au moins aussi bien que le lin. La résine, à cette température, est facilement ou transformée ou dissoute. La, dissolution peut efficacement avoir lieu ea présence de l'eau chaude, tandis qu'en opérant cette cuisson dans de la vapeur, qui, à quatre ou cinq atmosphères, n'est, en définitive, que de l'air chaud, on dessèche et effrite cette résine en la faisant sortir de l'intérieur des fibres, en en provoquant la distillation; l'eau qui arrive
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ensuite dissout la matière, Tentratue avec elle lorsqu'on vide l'appareil, et la filasse paraît appauvrie dans ce cas. Quelque» filateurs ajoutent de la soude, d'autres du savon de soude ; quelques-uns, enfin, du savon de potasse. Il est certain que cette action chimique, ajoutée aux traitements physiques, ne peut qu'activer la dissolution de la gomme. L'effet des alcalis ne doit pas augmenter la facilité du filage, sauf pour le chanvre peutêtre, car la gomme du lin est assez soluble dans l'eau pour n'avoir pas besoin d'être provoquée par la présence d'un corps avec lequel elle peut se combiner.
Si, cependant, quelques filateurs continuent d'employer le s9von de soude ou le carbonate de soude, c'est qu'ils sont en même temps tisserands, et blanchissent eux-mêmes leurs toiles et mieux encore leurs fils, suivant les errements du jour. On comprend comment les quantités relativement faibles d'alealis ajoutées au bain deviennent très-^efficaces, lorsque ensuite le fil dévidé est mis à sécher. Il s'opère ainsi un commmicement de €rémage qui facilitera considérablement les travaux ultérieurs de blanchiment.
Les anomalies apparentes résultant de l'emploi du nouveau procédé d'imbibition et de décomposition de la gomme, des fibres, la différence d'efficacité du traitement en raison de l'état de la filasse, peuvent conduire à l'appréciation exacte des conditions dans lesquelles l'usage de cette Immersion spéciale de la matière est particulièrement avantageux, et celles qui exigent d'autres modifications.
On a remarqué : 1*" que les fils dont les préparations ont été soumises au procédé en question sont plus denses que ceux travaillés par la méthode ordinaire ; 2^ que le traitement nouveau donne généralement d'excellents résultats pour les matières dures et, par conséquent, pour toute espèce de chanvre. Il donne également de bons résultats pour les lins qui, comme on dit, sont gras et ont de la nature. L'appareil produit encore
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de bons effets sur les étoupes longues ; remploi de ce système a, au contraire, des conséquences désavantageuses appliqué aux lins rouis sur terre ou trop rouis, et aux grosses étoupes.
Si les fils dégommés sont plus lourds pour la même longueur que ceux qui n'ont pas été imbibés a\ant la filature, c'est probablement parce que la densité de la gomme est moindre que celle de la substance fibreuse mélangée au corps onctueux, et parce qu'il faut, pour arriver au même titre, employer plus de fibres dans le premier que dans le second cas. 8i les chanvres et les lins gras rendent bien, c'est que l'application du procédé 'facilite leurs transformations, en dissolvant une quantité de gomme en excès, en ramollissant la filasse toujours rude, rebelle aux étirages, et qui réclame des pressions anormales aux métiers, lorsqu'elle n'a pas reçu le rouissage supplémentaire pendant les opérations. En l'appliquant aux lins maigres trop rouis, si le trattement n'est pas dirigé avec une habileté spéciale, la haute température, jointe à une forte pression de l'appareil, peut attaquer et durcir la matière de manière à l'énerver ; on pourrait aller jusqu'à lui donner une certaine friabilité. Pour éviter ce fiicheux effet, il faudrait diriger l'opération de façon à ne fairei subir à la préparation que l'action de l'eau à une température modérée et sous une faible pression. Il serait encore convenable d^agir avec beaucoup de ménagement sur les grosses étoupes ayant déjà subi des traitements mécaniques réitérés et. énergiques, qui ont tellement divisé et raccourci les fibres, que, pour en tirer un parti convenable, il serait urgent de changer les garnitures et les règlements des assortiments actuellement en usage.
Quoi qu'il en soit, les résultats bons ou mauvais obtenus jusqu'ici par l'application de l'appareil Verdure, et même par le traitement à l'eau à la température ordinaire *, viennent évi-
* Il y en a, en 'effet, des filateurs qui font simplement tremper les bo-
demment à^l'appui de la thèse que nous ne cessons de soutenir depuis bien des années, sur l'insuffisance de la désagrégation première des substances linière et chanvrière, et sur la nécessité de modifier le rouissage campagnard.
§ 4. — Préparations des laines»
Procédés d'épuration des matières bttites avant la filature. — Ces procédés chimico-mécaniques, tels qu'ils so^t réalisés ou indiqués à TExposition par les divers systèmes de machines envoyés par la France, l'Angleterre et la Belgique, se trouvant décrits avec leurs figures dans notre publication de Tannée dernière sur le travail des laines, nous ne mentionnerons que quelques accessoires mis en évidence par le grand concours du Champ de Mars.
On sait que les appareils destinés au traitement des brins plus ou moins lisses pour le peigne ne difl'èrent que par quelques détails des machines employées pour la laine cardée. La laine lisse peut supporter une pression énergique à Tissue de l'opération du dégraissage, dans le but d'exprimer l'eau qu'elle contient. La laine à fibres courtes et vrillées destinée aux produits feutrés doit rester ouverte. Tous les systèmes exposés sont basés sur une marche méthodique du désuintage et du lavage des masses. Ils tendent à y arriver le plus parfaitement et le plus économiquement possible^ tant sous le rapport de la dépense des manipulations que sous celui des frais d'ingrédients. Presque tous ont atteint les résultats cherchés pour des cas déterminés. Les uns se sont pins particulièrement appliqués aux fibres lisses,
bines chargées de préparations dans de Teau froide. Ce procédé est employé avec succès, si nous ne nous trompons, par d'habiles filateurs, et, entre autres, par le directeur de la filature de Pont-Remy, et par M, Bou- Warchin, près Tournay. • •
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et les autres aux laines vrillées; tantôt les moyens sont plus propres aux localités où l'eau est peu abondante, et tantôt ils sont combinés en vue d'un fonctionnement sur un courant naturel. Des constructeurs de Reims, de la Normandie et de la Belgique ont exposé ces principaux assortiments. Ils sont complètement automatiques et se substituent peu à peu à Tancienne méthode qui consistait à laver les laines aux bâtons manœuvres à la main, et même parfois directement agitées avec les pieds nus. Certaines de ces machines peuvent, avec le concours de trois ouvriers et huit chevaux de force, dégraisser, laver et sécher de 10 à 12 000 kilogrammes de laine par jour, à raison de S francs les 100 kilogrammes dégraissés, qui rêvenaient, il n'y a pas longtemps, à 20, puis à 12 francs, y compris tous les frais de façon, de savon ou de soude. >
Nouveau mode d'application des substances tinctoriales. — A côté du dégraissage automatique des laines viennent se placer aujourd'hui les procédés d'un industriel normand , M. Gouchon. Cet inventeur remédie à la lenteur, à l'irrégularité et au prix relativement élevé des manipulations de la teinture, à l'aide d'appareils rationnels disposés en raison de la matière à traiter et destinés, par leur mode de fonctionnement, à conserver les caractères et qualités des fibres trop souvent altérés par les moyens habituels, qui engendrent des difficultés considérables à la ^lature.
Nous signalons seulement ces procédés nouveaux ; ils n'ont pas figuré à l'Exposition, et sont cependant appelés, croyonsnous, à réaliser par une invention mécanique une perfection et des avantages économiques dignes des progrès chimiques les plus importants de la teinture.
ALCAS. — ÂrU textiles.
82 LIVRE It. DtJ MATÉtllEL.
§ S. — Matériel et maehlnes * préparer de la laine peignée.
Le matériel de la filature proprement dite appliqué à la laine peignée mérinos et à la laine longue se trouve surtout représenté, par la première et la dernière machine de l'assortiment, les peigneuses et le métier à filer. C'est, en effet, dans ces deux appareils seulement que l'outillage a subi des modifications récentes dignes d'être signalées. Nous n'avons pas à revenir sur les considération^^ précédemment énoncées à l'occasion deâ efforts heureux tentés pour substituer le continu au muU-jenny et des perfectionnements apportés aux self-acting. Les peigneuses, qui toutes se trouvent réunies dans la section française, sont remarquables par la perfection de l'exécution et la précision de leur fonctionnement. Dérivées du principe Heilmann, les unes btit été modifiées complètement aussi bien dans la disposition générale et le volume des organes que. dans la transmission des mouvements ; les. autres ont reçu des améliorations de détails qui ont accru la quantité du travail sans préjudice pour la qualité. — La machine qui s'écarte le plus du type primitif par sa construction et l'importance de sa production figure dans l'exposition de M. Mercier; elle est connue sous le nom de son inventeur. Noble. Cet appareil a peut-être les défauts de ses qualités ; le grand nombre de bobinés de préparation disposées autour du cercla, alimentaire rend l'ensemble un peu confus, et nécessite des soins proportionnés à la complication qui résulte de l'accumulation des organes* La peigneuse Prouvost, d'origine anglaise, se distingue, au contraire, par la simplicité et l'économie des mouvements. La machine Morel, destinée, comme la précédente, au travail des laines communes, présente d'heureuses modifications de l'appareil alimentaire du système Heilmann ; de plus, la transmission, tout entière logée
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à rintérieur d'un tamboQr métallique sur la face ifiterue duquel les chemins excentriques sont venus de fonte> dégage la machine et en rend le travail aussi commode que satisfaisant à Tœil. MMi Schlumberger continuent à perfectionner l'appareil auquel ils ont attaché leur nom avec tant de succès. La maison Stehelin expose une machine Lister heureusement modiâée pour travailler les laines de plus près.
Cette grande variété d'appareils du même genre permet à rindiistrie de choisir Toutillage le mieux approprié à chaque espèce de laine^ et explique les développements d'une spécialité vraiment française qui ne cesse de grandir.
Autrefois, avant l'emploi des machines à peigner dont nous venons de parler, et avant l'introduction d'autres importantes modifications dans cette spécialité, le peignage se bornait à Tac*tion exclusive de la peigneuse. Aujourd'hui leur travail ne forme qu'une partie de l'ensemble des opérations qui constituent lA spécialité du peigneur, qu'il opène à façon ou pour sa propre filature. Les transformations subies par la laine après son épuration, incombant également au peignage, consistent dans un démêlage à la carde ou autrement^ dans un nouveau dégrais» sage et un lissage avant le peignage, et deux étirages successifs après peignage.
Voici, par conséquent, la réunion des opérations pratiquées sur la laine brute dans l'usine du peigneur :
Opérations du pei^ttage. — 1** Le désuintage et le dégraissage de la laine en suint ou incomplètement lavée ;
2" Le séchage ;
3" Un faible graissage pour faciliter les opérations suivantes ;
4^ Un démêlage aux cardes ou à une machine spéciale ;
S** Le dégraissage et le lissage des rubans formés à l'opératiori précédente ; cette épuration lave Compléteitient la préparation et la rend en rubans blancs secs enroulés sur de grosses bo^ bines ;
6** Le peîgnage prjoprement dit;
7® Un premier étirage ;
8* Un deuxième étirage.
Ces deux dernières transformations ont pour but de consolider et de régulariser la forme du produit fourni par le peîgnage.
, Travail de la filature. — ^ Le travail se compose, en général, en moyenne, de dix opérations successives constituant lés préparations, avant que la matière passé au niétier à filer, qui forme une onzième transformation. Chacun des passages aux machines à préparer étire, double et lamine simultanément un certain nombre de rubans pour les amener progressivement à l'état ho- . mogène et à la finesse convenable pour être définitivement propres à être transformés en fils. — Les machines préparatoires ont une grande analogie entre elles ; elles ne diffèrent essentiellement que par leurs dimensions. Avant la condensation de la matière aux premières machines, il y a moins d'organes et de rubans qu'aux dernières. De plus, celles-ci ont un organe frotteur additionnel pour rouler et donner de la cohésion à la substance sous forme de mèches et. pour les affiner. Dans cet état, au lieu d'être reçues dans des pots, elles sont embobinées. On comprend, par conséquent, là valeur des noms à' étirages donnés aux premières machines de l'assortiment et celui de j
bobinoirs aux dernières. i
Si, en dehors des appareils à dégraisser et des peigneuses, les naachines dont nous venons de parler sont à peine représentées, c'est qu elles n'offrent rien de particulier et qui, sauf de certains détails accessoires, ne soit parfaitement connu. C'est dans l'agencement, le groupement de ces machines entre elles, et dans l'habileté de leur direction que gît leur succès. Ellesne sont, en effet, pas toujours employées toutes dans l'ordre que nous venons d'indiquer. Ainsi, au lieu de pratiquer l'opération du dégraissage, lissage ; avant le peignage, on peigne parfois
les rubans en gras. Cette dernière méthode est généralement suivie par l'industrie anglaise, parce qu'elle facilite l'action du peignage ; elle est aussi*souvent appliquée au travail de la laine longue. Mais pour le peignage des belles laines mérinos où le filateur recherche avant tout la perfection, on arrive à plus de netteté et à un résultat plus beau en peignant les .filaments complètement épurés ; aussi le lissage avant le peignage est41 pratiqué en France par les peigneurs les plus soigneux. Nous avons déjà eu à faire ressortir le degré de progrès de cette spécialité en Picardie et en Champagne, et notamment à Reims, au Gâteau et à Saint-Quentin. Mais le point saillant de ce progrès consiste surtout dans une diminution constante des prix de revient correspondant à une augmentation des salaires du personnel et dans la perfection des produits. Ces résultats sont tels que certains industriels, tout en augmentant de 10 ù 20 pour iOO le prix de la façon, sont- arrivés à diminuer de moitié les frais de la filature. Ainsi, par exemple, le kilogramme de fil de trame du numéro 114, qui revenait encore en 1862 à 5 fr. 7S c, et la chaîne du numéro 82, à 5 fr. 25 c, ne coûtent plus aujourd'hui que 2 fr. 85 c. et 2 fr. 35 c. Cette énorme économie a surtout été réaUsée par les améliorations apportées aux métiers à filer. L'importance de ces perfectionnements nous a déterminé à en donner la description en parlant des progrès des métiers à filer en général.
§ 6. -^ Matériel et préparations de la laine eardée.
Ici encore les perfectionnements les plus importants portent sur les premières et les dernières opérations, et sont caractérisés par l'étude de questions secondaires en apparence et trop longtemps négligées en réalité. Le graissage de la laine avant sa filature, entre autres, constitue une préparation dont la déli-
86 Liyft£ 11* >DU MÂTÉaiËL.
catesse et la portée paraissaient a^olr passé pendant longtemps inaperçues. Nous avons déjà* insisté sur ee point dans nos précédents travaivx ; nous nous sommes surtout oecupé alors de la nature des huiles h employer, et des conséquences résultant de l'usage des divers corps gras encore employés *.
Nou$ savons également dit combien il est fâcheux qu'une opération d'une aussi grande influence sur Téconomie et la perr fection des résultats soit abandonnée à la routine, à la plus ou moins grande habileté et aux soins d'un ouvrier subalterne. Nous avons signalé alors les appareils proposés récemment pour soustraire cette opération à Taction directe de la main et à ses conséqjiences irrégulières.
L'Exposition de 1867 prouve, par les recherches dont cette partie des transformations a été l'objet, l'importance que les praticiens attachent enfin aux moyens destinés à améliorer ce genre de préparations.
La classe 55 renfermait, en effet, surtout deux systèmes d'appareils graisseurs ingénieux et dignes d'ètriB décrits. Nous donnons donc leurs dispositions caractéristiques.
Divers appareils distributeurs et graisseurs de la iaine cardée. ^r^. Oe sont les eonstrvieteurs les plus en progrès dans la spécialité des machines destinées au travail de la laine cardée qui se sont occupés de modifier ces moyens préparatoires, accessoires en apparence, mais de fait d'une importance réelld^ Les moyens de MM. Houget et Teston, de Verviers, sont fort simples pour graisser et distribuer régulièrement les fibres aux machines à carder.
La figure 1, planche I, donne la disposition élémentaire, réduite à ses organes les plus simples, de Tappareil distributeur automatique. Le dessin est une coupe verticale qui montre le mécanisme intérieur de l'appareil dont le but consiste toujours à
^ Voir le TraiU du fmvaii def lainei.
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prendre la matière en masse et à la tmnsformer en nappes aussi régulières et aussi homogènes que possible. Cet oFgane alimentaire est, par conséquent, destiné à être adapté soit aui écbardon* neuses, soit aux ouvreuses, aux loups ou aux cardes. Il consiste dans une espèce de conduit c, dont Tune des parois ou la base est formée par la toile sans fin alimentaire T, qui amène les brins de la laine à un cylindre H garni d'aiguilles ; c'est une espèce de loup désagrégeant la masse et divisant les filaments pour se les faire enlever par le ventilateur V, qui les épure, les bat et les projette sur une rangée de pylindres r, r, disposés 0p avant de l'appareil alimentaire cannelé q A. Ainsi préparées, les couches livrées par cet appareil sont propres à être lubrifiées.
Cette li|brification peut avoir lieu de diverses feçons. La figure 2, pi. I, donne une disposition très-simple exécutée par les mêmes constructeurs. La figure montre par une coupe verticale rintérieur du réservoir d'huile R entièrement clos. H est la nappe liquide dans laquelle les brosses 6, 6, tournant autour de l'axe a, viennent s'en imprégner pour le fournir à la seconde brosse h mouvement circulaire b' A', autour de l'axe (i': C'est cette seconde brosse qui foui^nit le filet / d'huile sur la nappe sans fin T, disposée à l'entrée de la carde D.
Brisoir huileur automatique de M. Martin de Pepinster. — Ce constructeur a cherché à atteindre le même but que les précédents par la disposition indiquée par une coupe verti-? cale montrant l'intériçur de l'appareil (fig. 3, pi. I). La laine à traiter est placée dans la caisse C, d'où elle est enlevée h une toile sans fin inférieure R, par une courroie garnie d'aiguilles R'. Un hérisson A, placé au-dessus, étale les fibres, et un moulinet m les égalise et les ouyre pour les diriger sur le tablier .alimentaire sans fin T, qui les délivre à l'appareil lamineur composé de deux cylindres i, î, à l'entrée du tambour à aiguilles du brisoir 0. L'huile arrive en quantité régulière et réglée à volonté sur la laine de la toile sans fia T de la manière
suivante : au-dessus de cette toile se trouve un réservoir r, cons|;amment plein de la matière grasse, dont la fluidité est entretenue par un mouvement des palettes d'un agitateur a. Le réservoir r est fermé de toutes parts, si ce n'est* à la partie supérieure en e, ]pour laisser écouler le liquide comme d'un tropplein, d'où il se rend dans l'espèce de godet ^, pour s'écouler sur les brosses B, B, fixées à l'extrémité des rayons d'un cylindre tournant. Les quatre brosses en mouvement aspergent régulièrement la nappe de laine à son passage de la toile sans fin T à la machine. La figure 4 donne l'élévation d'un côté de la machine pour indiquer la commande générale. Un coup d'œil suffit pour se rendre compte de cette transmission.
Celles des organes principaux n'offrent rien de particulier qui n'ait été décrit dans les machines analogues déjà reproduites dans notre Traité du travail des laines, La seule particularité consiste dans le moyen de réglage de l'écoulement de l'huilé proportionnellement au degré de graissage qu'on juge convenable d'appliquer. Ce degré devant varier en raison de la ' nature et dé la finesse des fibres ou de la nature des liquides employés, Une fois réglé, l'écoulement doit rester constant pour la même partie de laine. Ce dernier effet est obtenu grâce au mouvement ascensionnel régulier du vase r; il détermine l'écoulement d^une façon continue par la tranche liquide du niveau de la surface supérieure. Quant à la variation du mouvement de ce vase, de façon à le faire monter plus ou moins vite et à faire ainsi graisser plus ou mœns, à volonté, on y arrive par le changement du pignon de commande /? (fig. 3). Celui-ci prend sa commande sur l'un des engrenages de l'appareil d'entrée pour le transmettre au moyen d'un arbre incliné, qui porte à son autre extrémité une vis sans fin engrenant avec la roue dont l'axe porte le pignon />, signalé ci-dessus comme commandant la crémaillère r' du vase graisseur.
Les figures 6 et 7 donnent, la première, une coupe de l'au-
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get^ et la seconde, une vue de face montrant les petites gouttières à huile g, g ne permetftnt au liquide de s'échapper sqr la laine que par filets minces très-di\isés.
§ V. ^ Hodlfleations et progrès apportés âu^ nûiehbies
à earder.
La lubrification des brins de la laine dont nous venons de parler, appliquée pour faciliter le cardage, n'empêche pas que ces filaments, à cause de leur constitution particulière, ne présentent encore certaines difficultés spéciales au travail. Et, cependant, le cardage de la laine vrillée a besoin d'être au moins aussi parfait que celui des autres matières, attendu qu'immédiatement après sa sortie de la dernière carde la laine passe immédiatement au métier à filer. Elle n'est pas, en effet, susceptible d'être laminée et étirée, comme le sont les laines longues et lisses, le coton, le chanvre, le lin, la bourre de soie, etc. Il faut donc que les doublages des nappes et des rubans^ dans le but d'atteindre autant que possible l'homogénéité, aient heu d'une façon plus multipliée au cardagOt. Il faut également, tant pour économiser la main-d'œuvre, dont le pri^ s'élève constamment, que pour éviter les irrégularités pouvant résulter du transport à la main du produit, que ce transport ait lieu automatiquement pour faire passer successivement la matière aux diverses machines. Aussi sont-ce surtout ces deux points qui ont exercé les recherchés des inventeurs et des constructeurs des diverses contrées. Les progrès réalisés dans cette direction , dont l'Exposition témoigne , méritent d'être signalés. L'un des appareils à signaler sous ce rapport est celui de M. Ferrabée.
Appareil alimentaire Ferrabée» — Pour se rendre un compta exact du but spécial que s'est proposé l'inventeur du mécanisme
par exemple, comme cela a lieu le plus souvent, la machine doit fournir soixante boudins à la sortie, ce cylindre peigneur, ou plutôt détacheur, est garni de soixante colliers. Chacun d'eux doit agir avec une grande précision pour détacher le produit dans les conditions de régularité et d'homogénéité désirables. Aussi cet organe et son réglage demandent-ils beaucoup de soin, et entraînent à une dépense d'entretien notable. M. Martin garnit le peigneur d'une façon continue comme les autres cylindres, et il transforme sa nappe en mèches ou boudins par l'action de ressorts en acier, agissant tangentiellement à la circonférence du peigneur en un nombre égal à celui dçs fils à fournir. Il y a donc communément soixante de ces lames métalliques, qui divisent la nappe en autant de boudins. Cette disposition est assez simple pour pouvoir la saisir sans l'aide de figures. Si l'usage ne fait découvrir quelques inconvénients dans le fonctionnement de ces nombreux petits ressorts, la modification exposée par M. Martin pourra être considérée comme un progrès qui ne manque pas d'importance. Ce -sont des perfectionnements de ce genre dans les détails : la propagation du métier self-actingy d'une part, et des nouveaux continus de l'autre, qui constituent les progrès les plus importants dans la filature de la laine cardée. Le métier continu de M. Vimont, auquel nous avions prédit un avenir sérieux dans notre rapport sur l'Exposition universelle, de 185S et dans notre précédent ouvrage, se propage pour la confection de chaîne en laine cardée. Il contribue à améliorer les fils, dont la quaUté est si importante dans le tissage automatique. Le self-acting, de son côté, a permis de faire les économies si nécessaires en présence de la concurrence étrangère. Son usage, devenu plus fréquent, grâce à son appropriation spéciale aux fils de laine, a permis de diminuer les frais généraux de la façon d'environ 30 pour iOO, tout en permettant d'élever notablement les salaires de l'ouvrier. Les résultats ont donc été
ici presque aussi remarquables que pour la laine peignée. Les services rendus par ces machines spéciales doivent, par conséquent, être Tobjet d'une mention particulière.