‹ Fabrication des étoffes: Études sur les arts textiles à l'ExpositionChapitre 29 sur 49 · ZOLLVEREIN · texte numérisé non relu

ZOLLVEREIN

Laine indigène en suint 40,000,000"^

•Laine étrangère à divers États 4,000,000

Ensemble 44,000, OOO"' 44,000,000

AUTRICHE

Laine indigène lavée à dos (non compris

l'exportation) 37,000,000"

Laine étrangère 15,000,000

Ensemble 52,000,000"^ 52,000,000

, RELGIQUE.

Laine indigène. 2,000,000"^

Laine étrangère. 26,000,000

Ensemble 28,000,000"^ 28,000,000

A reporter. 463,171,000^

Ce chiffre, moindre en apparence que celui de la consommation, vient de ce qu'il ne contient pas les déchets employés en France, qui ne sont nulle part et qui s'élèvent à la quantité considérable indiquée ci-dessus. ALCAN. — Arts textiles. 22

^38 LÎVR£ ïï. DU MÂlkHlkL.

Report 463,171,000k

LUSSIE.

Laine indigène (non compris rext)brtâtiori). 42,000,000''

Laine étrangère 6,000,000

Ensemble 48,000,000»^ 48,000,000

Autres pays dont nous n'avons pas de chiffres suffîsam* ment exacts, tels que l'Espagne, Tltalie, la Suisse, les principautés Danubiennes, les Pays-Bas; etc. . ; Mémoire.

Donc, la consommation intérieure des principaux centres manufacturiers d'E iirope s'élèverait à un chiffre total de 511,171 ,000^

Ce chifiFre dépasserait déplus de 100 millians de kilogrammes celui que nous ayons trouvé en calculant la production d'après le nombre de moutons attribué à chàqiie contrée^ mais il est à remarquer que si, aiix quantités de laine neuve calculées d'après les toisons récoltées, on ajoute les déchets qui, pour l'Angleterre seulement, s'élèvent à 40 millions, et qui pour les autres contrées réunies sont comprises dans l'importation sans désignation spéciale, on peut arriver à compléter la difiFérence que nous signalons. Elle peut également provenit en partie de la moyenne très-faible à laquelle on estime la toison ou de l'évaluation trop élevée des troupeaux.

Nous croyons d'ailleurs avoir donné les éléments les plus précis qu'il soit possible de prendre pour points de départ de semblables calciiîs, et les indications les plus propres pour les comptèter à mesure que les docuinents statistiques en fourniront les moyens.

§ 8. — De la sole.

L'industrie séricicole avait fait des progrès remarquables en Europe, et principalement en France et en Italie' depuis le commencement iie ce siècle; la production et là perfectioa grandirent parallèlement. Du dernier rang auquel étaient re-

liguées les soies françaises, il y à moins d'Un siècle encore, elles sbhl parvenues â se faire rechercher pour leur beauté et leurs qualités, et à se faire coter comme première marque. Elles sont actiiéilement préférées à toutes les soies du mohde, même à celles de l'Ilâlie, d'une réputation séculaire cependant bien méritée. Quelques chiffres fixeront les idées sur les progrès de notre industrie dans cette direction. Vers la fin du siècle dernier, lorsque les soies les ^lus communes d*e l'étranger valaient de Ob à 7Ô francs, et les soies italiennes de 200 à 300 francs là livre, la nôtre était â peine vendue 30 francs, et les qiiantit'és produites en France étaient insignifiantes.

Quelques années plus tard^ nos fils de soie s'étaient l'elleihent améliorés qu'ils atteignaient le pi*ix de 71 francs le kilogramme, quoique ceux des autres provenances fussent restés sans variation sensible. Ce chiffre de 71 à 72 francs petit être considéré comme la moyenne de la valeur des soies françaises jusqu'en 1842. Odant aux quantités qui atteignaient à ^éine iihé vàleiir de 8 à tO millions de francs vers le commencement du isîècle, elles représentaient déjà 23 millions vers 1820. En 1850, c'est une valeur de 140 millions que l'agriculture française d'un certain nombre de départements méridionaux (dix-huit environ) fournit à l'industrie. Ce mouvement si précieux et si intéressant sous tous les i*apports commença alors à se ralentir d'une façon bien malheureuse. C'est à peine si la production indigène de ces dernières années a réalisé la moitié de la valeur atteinte en 1850 et les prix ont doublé. Cette perturbation est d'autant plus déplorable qu'elle est la conséquence d'une épidémie qui frappe lé précieux insecte producteur de la soie, et dont la cause paraît aussi mystérieuse que celle du choléra. Aussi, les remèdes proposés commencent-ils à peine à être essayés. Cependant, après quinze ans de désastres dans cette spécialité, le mal paraît s'atténuer. Il n'est plus aussi intense, ni aussi général qu'il l'était il y

340 LIVRE n, DU MATÉRIEL.

a quelques années. On s'est assuré de certains palliatifs, parmi lesquels il faut citer avant tout remploi de bons germes et les louables recherches pour constater les caractères des œufs les plus propres à donner des vers sains susceptibles d'amener leurs cocons à bien. Jusqu'ici, la graine du Japon paraît être la plus à Tabri du vice originel dont la plupart de celles des autres contrées sont plus ou moins atteintes. Grâce à cet auxiliaire lointain, et à l'observation plus stricte que jamais des moyens hygiéniques et des précautions de toute sorte à prendre, pendant l'élevage des vers, recommandés par tous les hommes compétents, depuis Olivier de Serres jusqu'à ce jour, les sériciculteurs commencent enfin à espérer et à entrevoir des jours meilleurs et un retour vers l'ancien état de choses dans cette direction. Peut-être même certaines contrées 5^ nouvelles dans cette exploitation agricole et admirablement douées pour la développer, telles que les contrées de l'Amérique éqiiatoriale, deviendront-elles une nouvelle source d'approvisionnement pour nos manufactures. Le proverbe : à quelque chose malheur est bon recevrait ainsi une nouvelle application ; car les pays auxquels nous faisons allusion ne se sont décidés à se livrer à l'industrie séricicole sur une large échelle que depuis la maladie des vers, dont la conséquence a été la hausse du prix des cocons et de la soie. Si nos renseignements sont exacts, les diverses républiques de l'Amérique du Sud, qui se sont fait remarquer au Champ de Mars par Texcellence de leurs' cocons provenant de localités où la maladie n'a encore donné aucune trace d'épidémie, prendront bientôt un rang sérieux parmi les pays producteurs de la matière soyeuse dont s'approvisionnent actuellement lés fabriques de l'Europe.

Avant la crise on était arrivé à établir une statistique de la quantité de soie récoltée par chacune des contrées qui se sont occupées jusqu'ici de l'art du magnanier. Nous donnons ces chiffres dans le tableau suivant :

RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES. 34 i

Tableau de la production de la soie dans le monde,

Asie. 709,000,000 fr.

Europe 378,000,000

Afrique 1,400,000

Océanie 600,000

Amérique 400,000

Total 1,089,100,000 fr.

Cette somme paratt se répartir de la manière suivante :

Empire chinois. 406,000,000 fr.

Japon 85,000,000

Perse 25,000,000

Principales îles de TAsie Mineure 26,000,000

Syrie 9,060,000

Turkestan indépendant 7,000,000

Turkestan chinois 2,000,000

Archipel de Corée 5,000,000

France 148,000,000

Possessions italiennes .^ . . . i 92,000,000

Turquie d'Europe 35,000,000

Espagne et Portugal * 16,000,000

États de l'Église 6,500,000

Grèce et îles Ioniennes 4,200,000

Alger, Maroc, Tunis, et côte méditerranéenne. 1 ,500,000 Bassin du Danube, Autriche, Prusse, Hongrie,

Servie et principautés 400,000

Indes en deçà et au delà du Gange 1 20,000,000

États-Unis 400,000

Total égal 1,089,000,000 fr.*.

* Depuis que ce tableau a été dressé à Lyon, vers 1858, par un des membres de la Société d'agriculture, plusieurs de ces chiffres se sont bien modifiés, surtout par suite de l'épidémie. Il est arrivé là ce qui s*est réalisé dans la culture cotonnière à la crise américaine. Certaines tîoritrées anciennes ont pu développer leur production à cause de l'élévation des prix, et d'autres ont été stimulées au point de faire des efforts considérables pour s'approprier le travail séricicole. L'empire ottoman est dans le premier cas. La production s'y est élevée à près de 400 millions.

342 LIVBE II. DU UÀTÉRIEfi.

Quantité de soie représentée par la valeur de { 089 000 000 de francs. — Pour arriver à la détermination du poids représenté par ce chiffre, nous admettons deux catégories dans les quantités. Lçi première représentée par les soies d'Italie et de France, dont la valeur moyenne avant la crise devait être de 65 francs le kilogramme, toutes les autres valaient environ 30 francs.

Or, la France et l'Italie produisaient ensemble :

128+192 = 320000000 et ^?^^^= 4923fl77 kilogrammçsS et les '^?^JJJJ?? = 25 633 333 kilogrammes ^ .

La production totale de l'univers aurait donc été alors de 25 633 333 + 4 923 077 = 30 55^ 41Q.

Or, on estimait la consommation européenne à cette époque à près de 9 millions de kilogrammes. Les autres contrées du mond^, et surtout l'Asie, auraient, par conséquent, employé ensemble 16 633 333, presque le double. Malgré l'élévation de ce chiffre, il paraît possible, lorsqu'on songe à l'énorme consommation de soie de la population si considération de la Chine, du Japon et 4? certaines autres contrées de l'extrême Orient et des Indes, par les premières surtout, chez lesquelles la soie constitue la matière textïle fondamentale. Chez nous, au contraire, malgré les progrés économiques apportés aux différentes branches industrielles embrassées par le travail de la soie, les soieries restent toujours un article de luxe. Le nombre de ceux qui peuvent y atteindre, va^ il est vrai, en croissant dans les temps normaux ; mais il n'en est pas moins vrai que l'augmentation régulièrement croissante des prix ait une influence contraire sur le développement (Je la production. Ce fait n'est que trop démontré par les chiffres qui constatent le mouvement des soies (Jans les établissements du conditionnement public. Une vingtaine de

^ Ces soies valent aujourd'hui dei2(> à 130 francs.

* Les mêmes proyenances sont cotées aujourd'hui à 69 francs.

RENSEIGNf:MEP(TS STATISTIQUES. 343

I;fureaux ^e cegepre, institués dans les principaux centres c|e la manipulation 4es soies en Çurope, étaient arrivés à enregistrer plus de 8 millions de Jtilograrames en 1862. Depuis lors, ces quantités ont été constamment en diminuant, elles ont à peine dépassé 6 millions 4e kilogrammes en 1866. La cherté des soies n'es^ pas cependant la seule cause de |a diminution de la consommation, }a mp^e y a contribué pour sa part depuis qu!e}je a presque entièrenaent abandonné les magnifiques étofljes feçopnées qu| consti|;uaient j'une des plus grandes sources ^e prospérité, et }'un ^es plus beaux fleurons de Vin- 4ustrie française surtout.

Il se passe d'ailleurs, comme nous venons de le faire rernarquer, dans l'industrie de la soie, un fait qui ne manque pas d'analogie avec celui auquej la crise cotonnière a donné lieu, à propos des matières premières de sources nouvelles. Pour entretenir le filage indigène et combler le vide laissé par nos récoltes de cocons, on en fait venir de l'Orient et surtout de la Chine et du Japon. Mais leurs caractères, difieranj en généra] de ceux des cocons d'fiurope, nécessitent quelques ' raodi^cations dans le travail et dans les anciens errements. Leur emploi onéreux d'abord, faute de connaissauces ej; 4q moyens spéciaux, commence à donner des profits aux fll^teurs assez habiles pour savoir les traiter convenablement : ceux-ci, au lieu de souffrir de la crise, en profiteront, de même que les fîlateurs de coton qui les premiers sont arrivés à bien travailler les filaments inférieurs ont su en tirer des bénéfices.

Quoi qu'il arrive de la crise séricicole actuelle, elle aura contribué à faire entrer cejte industrie spéciale dans une phase ouvelle. Llipportation des cocons, à peine sensible et possible autrefois, s'élève déjà à une trentaine de millions en France, non compris celle des œufs valant 18 millions ; cette importation tendra^ s'augmenter, même lorsque la crise aura disparu.' On

préférera désormais faire venir des cocons qui entre les mains de nos filateurs pourront donner des soies d'ordre, aux produits irréguliers et relativement inférieurs que les Orientaux et les contrées avoîsinantes en ont tiré jusqu'à présent. Il pourra ainsi y avoir profit pour tous : pour l'éleveur d'outremer dont la matière première se vendra presque aussi avantageusement que le produit, et pour l'acheteur, dont l'expérience et l'habileté sauront tirer de ces cocons une soie d'une valeur double au moins de celle obtenue par les Orientaux lorsqu'ils en font eux-mêmes des fils. Restent certaines précautions à prendre, certaines difficultés à surmonter, d'abord dans le pays même pour disposer les cocons dans les conditions les plus favorables à leur expédition, ensuite pour les préparer au filage. Nous ne reviendrons pas sur ces points déjà traités au commencement de cet ouvrage et principalement dans le chapitre ni, § 3.

La France, qui jusqu'ici a tenu le premier rang dans l'industrie des soieries, tant sous lé rapport de l'importance que des progrès, a un grand intérêt à se préoccuper de tous les moyens susceptibles de lui faire conserver la supériorité dans cette direction. Or, l'alimentation de ses manufactures aux meilleures conditions possibles doit devenij* plus que jamais l'objet de sa préoccupation. Si la situation actuelle est pénible, elle est heureusement loin d'être désespérée. Au point de vue du transport, il s'agit d'une matière d'une grande valeur relativement peu encombrante, et dont notre navigation devrait pouvoir se charger pour l'amener de ses sources aux points où elle doit être transformée sans la faire passer par des marchés intermédiaires. Ce but, si désirable et si facile à atteindre en apparence, ne pourra cependant être entièrement réalisé que par des modifications dans nos relations commerciales, et lorsque noqs aurons nous-mêmes des comptoirs importants dans les ports chinois, japonais, etc. Mais ce sont là des questions qui

ne peuvent être abordées incidemment, ni traitées utilement dans un travail du genre de celui-ci.

Nous ne reviendrons pas non plus en détail sur la soie consommée par chaque contrée manufacturière. La production de ' leurs soieries fabriquées, indiquée dans les tableaux qui vont suivre, fera sufflsanmient apprécier leurs puissances productives relatives dans cette direction.

§ 9. — Statlsttqve des produits.

Il nous a paru instructif d'établir autant que possible la valeur des fils et des étoffes manufacturés, ainsi que la consommation de chaque contrée de l'Europe. Nous avons déterminé les résultats en basant nos calculs sur les quantités de matières mises en œuvre, et sur une moyenne de prix de revient pour chaque espèce de produits. Une fois les valeurs générales obtenues de cette façon, nous avons tenu compte de l'importance des importations et des exportations, afin de pouvoir répartir la production et la consommation de chaque pays en raison de sa population. En nous livrant à ce travail, nous avons pu constater de nouveau combien les statistiques officielles laissaient encore à désirer. Les éléments sont parfois incomplets, d'autres fois ils sont le résultat d'un double emploi. Tantôt on se borne à donner les unités en poids sans indiquer leur valeur, et tantôt les indications portent sur les valeurs dont il faut rechercher les poids. Malgré ces difficultés et d'autres que nous n'avons pas à signaler ici, nous sommes arrivés, piar de nombreuses supputations, à des approximations aussi exactes que possibles en pareille matière ; nous les avons consignées dans les tableaux suivants :

Tableau de la valeur m francs des })rodmts textiles fabriqués dans les principales contrées de VBurope.

ANGLETERRE (les trois royaumes).

Fils et tissus de coton 2,000,000,000 f.

— de laine... l,450,00q,p()p

— de lin, de chanvre et } 4,536,000,000 f.

jute ...:. 750,000,000 * '•^"•'

— de soie 336,000,000

FRANGE

Fils et tissus de coton 500,000,000

— <lelaine 1,000.000,000 « 7«n non hao

— de lin, chanvre et jute. 600,000,000 ( ^''^"'"^'"^

— deibie.; 680,000,000

AUTRICHE

Fils et tissus de coton 220,000,000 n

" '— ' de laine :. 350,000,000 j ^^

— de chanvre et lin 320,000,000 | ^'P^P'^^^f^P^

— de soie 160,000,000 j

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