POUR SAINT PIERRE ET SAINT PAUL
ICOLAS et Damon, enfans de la contrée, Étoient tous deux soupirans de Pbilis; Des mêmes feux également épris, Us ignoroient encor leur douce destinée.
L'un, pour témoigner son ardeur, Et oit toujours paré d'une couronne ; L'autre, sans ornemens, veut plaire à son vainqueur, Avec le seul tourment que son amour lui donne.
 l'ombre de jeunes ormeaux, Tous deux trouvent Philis, et profèrent ces mots : C'est aujourd'hui, ma belle, notre fête ;
Étrennes de la Sainte-Jean, 167
Vous connoissez, n'est-ce pas, notre amour ?
Trop charmante PJiilis, décidez en ce ^our, De qui, d'entre nous deux, vous êtes la conquête?
C'est trop barguigner en effet, Dit PJiilis, dans mes vœux je veux vous &ire lire; De votre sort ;e m'en vais vous instruire, En vous donnant un différent bouquet.
Puis, de sa droite, elle offre sa couronne A Damon, qui n'en avoit pas ; De sa gauche, elle prend celle de Nicolas, Au lieu de celle qu'elle donne. Par cette diverse faveur.
Alors d'un airgausseur demande la friponne.
Qui des deux se croit mon vainqueur?