‹ Facéties du comte de CaylusChapitre 7 sur 47 · HISTOIRE DE M. BORDEREAU · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE M. BORDEREAU

Commis à la Douane.

Avec Madame Minutm,

Périgord, mon pays, pour qui je menois • le carrosse, étant mort, sa veuve se défit de tout, de sorte que me voilà sur le pavé. J'allai me proposer à un de mes amis qui louoit des remises dans la rue des Grands-Augustins.

Comme j'avois un bon habit sur le corps, il me donna un équipage à mener. J'allois, tous les jours l'après-dînée, prendre M. Bordereau, qui étoit un des gros de la Douane, chez lui, pour le mener tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, et presque toujours avec des dames, que ce n'étoit pas de la guenille.

Guillaume^ cocher. zi

Un jour, je le mène au bout du cul-de-sac de rOrangerie, d'où il entre dans les Tuileries, et nous restons à' jaser, son laquais et moi, de choses et d'autres ; et comme il me disoit souvefit les tenans et aboutissans des maîtresses de son maître, qui en avoit tous les jours de nouvelles, je lui demandai s'il connoissoit celle que nous venions chercher, et où je la menerois.

— Je n'en sais, ma foi, rien, répondit La Fleur, (c'étolt son nom); tout ce que je sais, c'est qu'il est venu ce matin une espèce de femme de chambre qui a été long-temps avec lui, et qui lui a dit, en sortant, que sa maîtresse se trouveroit aux Tuileries sur les quatre heures du soir.

A peine La Fleur avoit-il fini, que nous voyons M. Bordereau avec deux dames qui le suivoient, dont La Fleur en reconnut une pour la femme de chambre de ce matin.

Quand ils sont dans l'équipage, ils ne savent où aller. A la fin pourtant, c'est à la foire Saint- Laurent où je les débarque. Après que le laquais les a conduits dans le jeu de TOpéra- Comique, il vient me retrouver; je me range, et donne mes chevaux à garder ; de là nous allons tous les deux nous promener et boire un coup dans la foire.

Quand le jeu est prêt à finir, La Fleur va trouver son maître, et moi mes chevaux; puis il vient me redire après, que je ne m'impatiente pas, parce que M. Bordereau va souper avec sa • compagnie chez Dubois; je redonne encore mes

chevaux à garder, et je vas le retrouver dans ledit endroit, parce que là ce n'est pas la manière que les laquais servent à table.

Nous nous attendions bien, La Fleur et moi, à souper des restes, quand ils seroient au dessert; mais nous manquâmes de faire des croix de Malte, comme vous allez voir.

Madame Dubois avoit mis M. Bordereau et ces dames dans une salle à rideaux au fond du jardin; on apporte le souper; et nos gens faisoient bonne chère, quand voilà qu'il arrive un milord d'Angleterre avec Mademoiselle Tonton, de l'Opéra-Comique, une de ses amies et un bourgeois de leur compagnie, vêtu de noir.

Tout cela demande aussi à souper, et on les campe dans un petit cabinet vitré, à l'entrée du jardin.

En attendant les restes pour souper, nous nous amusions, La Fleur et moi, à creuser une bouteille de vin, sur le compte de notre bourgeois, dans un cabinet auprès de la salle; et dans ce temps-là M. Bordereau et Mademoiselle Tonton, qui avoîent envie de quelque chose, sortent chacun de leur endroit pour aller dans un coin, de sorte qu'ils se rencontrent nez à nez au beau clair de la lune.

La Fleur m'avoit dit,j5n voyant entrer Mademoiselle Tonton, que son maître l'avoit eue de louage ; mais qu'il l'avoit quittée à cause qu'elle le menoit un train de chasse.

Mademoiselle Tonton reconnoît tout d'un

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coup mon bourgeois; et elle lui dit, de façon que nous Penteiidions : Ah! ah! c'est vous; M. Bordereau! eh mais^ vous n'êtes pas ici tout seul ? vous y soupez donc ? c'est fort bien fait à vous; laquelle de nos sœurs est de la partie? car vous êtes un coureur de biches. — Je n'en connois point, Mademoiselle, répond M. Bordereau, depuis que je ne cours plus après vous. — Vous êtes un insolent, mon gros ami, répliqua l'autre; et peu s'en faut que, pour payer l'insulte que vous me faites, je ne vous fasse donner une volée de coups de bâton. — Vous avez donc là quelque faraud? dit M. Bordereau. — Oui, oui, j'en ai, petit faquin de commis, et tu le vas voir. Alors elle se mit à crier à pleine tête : A moi, Milord^ à moi! on m'insulte.

Tout aussitôt voîià le Milord, l'autre fille et ce monsieur qui accourent pour voir ce que c'est. Vengjez-nous^ Milord, dit Tonton;, d'un misérable caissier qui ose mè traiter comme une malheureuse^ et vous comme Un gredin.

Allons donc, Milord, allons donc, disoit-elle en le poussant, et voyant qu'il ne se mouvoit guère, donnez-lui vingt coups de barre.

Vous êtes uii sot, dit tranquillement l'Anglois à M. Bordereau. — Il alloit s'en aller après cela ; mais Mademoiselle Tonton. le retint, en lui disant : Comment, Milord, est-ce ainsi que vous soutenez laréputation des dames? — Que voulezvous que je fasse, Mamzelle, lui dit-il, quand

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j'aurai coupé son visage à cet homme, vous serez toujours une danseuse derOpéra-Comique.

Tonton alloit lui répondre sur . le bon ton, quand nous entendons un bacchanal du diable dans la salle, où Ton cassait les bouteilles, les verres, et qu'on faisoit voler les plats dans le jardin. C'étoit l'habillé de noir qui faisoit tapage, à cause qu'il étoit le mari de la dame de mon bourgeois. On entre comme il donnoit des coups de pied au cul, et des noms qui n'étoient ni beaux ni honnêtes, à la chambrière de sa femme, qui chioit des yeux dans un coin.

Cette querelle-là fit cesser l'autre. — Cela est plaisant, dit Tonton, qui ne pensoit plus à son affront ; comment, Monsieur Minutin, les femmes de notaires courent donc le marché des filles du monde ? — Ce mot-là fit élever le mari comme une soupe au lait; il vouloit se jeter sur sa femme; mais Monsieur et Madame Dubois, qui avoient peur du scandale, à cause de la police, se jettent sur lui, et vous le prennent à brassecorps, qu'il ne pouvoit plus remuer que la langue, qui disoit les plus belles choses du monde.

A la fin, pourtant, il s'appaise petit à petit, parce que Madame Dubois lui remontre en douceur qu'il a tort encore plus que sa femme, qui n'étoit là que pour la première fois, tandis qu'il y venoit tous les jours avec le tiers et le quart.

Pour toute conclusion du bacchanal, on rap-

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porte du vin, et on fait boire l'homme et la femme pour les repatrier ensemble. M. Bordereau dit son nom à M. Minutin, et offre de lui faire plaisir à la Douane et ailleurs, quand il aura besoin de son cofifre-fort : Ne prenez point d'ombrage de tout ceci, Monsieur Minutin, dit mon bourgeois ; car, en vérité il n'y a pas de mal. J'ai vu avant-hier Madame votre épouse, pour la première fois^ par hasard, à la Comédie; nous avons parlé de TOpéra-Comique, et elle m'a fait l'honneur d'en accepter une partie. J'ai eu toutes les peines du monde à lui faire agréer le souper que vous avez jeté par terre; mais il en faut commander un autre, car apparemment vous avez faim. — Oh ! point du tout, Monsieur, dit le notaire; mais c'est qu'en vérité, si on vient à savoir cela, je suis tout-à-fait perdu dans le corps.

N'ayez pas peur, allez. Monsieur, dit Madame Dubois, je ferai en sorte que Mademoiselle Tonton et sa camarade n'en parlent point. Je sais comment je m'y prendrai pour les faire taire; à l'égard du milord, c'est un baragouineUx qu'on ne croira pas, quand une femme comme moi parlera tout au contraire de lui.

Le Milord et les deux filles étoient déjà rentrés dans le cabinet, sans s'embarrasser du notaire, quand ils avoient vu que le grabuge s'appaisoit ; et Mademoiselle Tonton, qui n'avoit non plus de fiel qu'un pigeon, trouvoit que le souper de quatre étoit excellent pour trois.

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Le nouveau souper venu, on se mit à table; et comme il n^y avoit plus rien à dire en particulier, La Fleur et moi, on nous fit servir, et c^est là que s^est fait la conversation et raccommodement que vous allez voir.

J'avois écrit cela, comme le reste, à ma manière; mais comme chacun parloit à son tour, cela faisoit un embrouillamini de dit-il, répondit-il, repliqua-t-il, ajouta-t-il, continuat-îl; de façon que je nY connoissois rien moimême; cela m^embarrassoit beaucoup; mais mon écrivain du Charnier m^a donné une ouverture pour éviter Tembrouille; c^est de coucher sur le papier ce discours-là par demandes et par réponses, tout comme quand on vous parle à la Comédie; c'est ce que je vais faire; retenez bien seulement qu'ils ne sont que trois qui parlent, parce que la chambrière, La Fleur et moi, nous écoutons sans souffler le mot.

Voilà comme cela a commencé par M, Bordereau.

M. BORDEREAU

En vérité. Monsieur Minutin, je suis charmé d'avoir fait la connoissance d'un homme comme vous; je me ferai toujours un vrai plaisir de vous obliger.

M. MINUTIN.

Monsieur, vous me faites bien de Phonneur;

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j^accepte, de tout mon cœur, vos offres de service. Le temps est si dur, qu'on ne peut se soutenir sans le secours de ses amis; et surtout dans nos charges; c^est pourquoi nous voyons tant de mes confrères faire la culbute.

M. BORDEREAU

Cela est vrai, au moins ce que vous dites, Monsieur Minutin ; mais aussi on dit que vous le prenez sur un ton si haut...

M. MINUTIN.

Comment voulez-vous faire autrement? Ne faut-il pas soutenir noblesse? Savez-vous ce qui nous tue ? C'est la dépense de nos femmes.

MADAME MINUTIN.

Mon petit nez, je ne dois pas être comprise dans le nombre.

M. MINUTIN.

Tout comme une autre. Madame Minutin, tout comme une autre.

MADAME MINUTIN.

Voudriez-vous que j'allasse comme une procureuse ?

M. BORDEREAU

Fi donc!

M. MINUTIN.

Il faut aller selon son état ; il semble que vous ne vous souveniez plus de ce que nous avons été.

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M. BORDEREAU

Je serois bien aise de savoir cela, si cela ne vous faisoit point de peine.

M. MINUTIN.

Point du tout; je ne suis point de ces gens qui cachent ce qu'ils ont été, après avoir fait fortune.

M. BORDEREAU

Cela est bien glorieux pour vous. Pardi, contez-nous donc un peu votre histoire, Monsieur Minutin; je parierois cent pistoles qu'elle nous feroit rire.

M. MINUTIN.

A la bonne heure, je vais donc vous exposer...

MADAME MINUTIN.

Non, non, laissez-moi exposer à Monsieur...

M. BORDEREAU

Oui, je crois que ce sera plus drôle de la part de Madame.

M. MINUTIN.

Il faut donc la laisser jouir de ses privilèges, au désir de la coutume de Paris.

M. BORDEREAU

Je vous aime de cette humeur. Monsieur Minutin... Je crois que nous ferons de bonnes affaires ensemble ; car je suis quelquefois un croustil-

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leux corps, tel que vous me voyez. Allons, à nos santés; aussi bien c'est trop parler sans boire. Du vin comme de Peau ! Commencez, Madame, s'il vous plaît; j'écoute de toutes mes oreilles.

MADAME MINUTIN.

C'est au hasard que nous devons notre fortune : avant mon mariage, je n'étois qu'une simple grisette, fille de boutique chez une marchande de modes, de la rue Saint-Honoré. J'ai, comme vous voyez, un visage assez mettable ; c'étoit toute ma ressource. M. Minutin étoit alors chancelier de la basoche. Fille de boutique et clerc font volontiers* connoissance. A la première vue de monsieur^ l'amour fit évanouir les espérances de fortune. que j'avois fondées sur mes attraits. Tous deux libres, et n'ayant à rendre compte de nos actions à personne, nous nous crûmes en droit de disposer pleinement de nous. Je plantai-là ma marchande; iL fit banqueroute à la basoche, et le Port-à-FAnglois vit allumer le flambeau de notre hyménée.

M. BORDEREAU

C'étoit, ma foi, bien s'y prendre.

MADAME MINUTIN.

Les agrémens dont nous étions, pour ainsi dire, pétris l'un et l'autre, ne nous faisoient pas vivre plus à l'aise.

M. BORDEREAU

Cela se peut-il ?

30 Contes de Cajrlus.

M. MINUTIN.

Rien n'est plus certain.

M. BORDEREAU

Si je vous avois connu dans ce temps-là, vous n'auriez pas été si en peine; je vous aurois fait avoir une belle et bonne commission ; et vous seriez peut-être comme moi à présent. Je n'ai pourtant jamais été marié; mais c'est que je me suis poussé d'un autre côté.

M. MINUTIN.

J'étois trop jaloux de ma femme pour en faire une ressource; j'eus recours aux expédiens; quelques-uns me' réussirent, d'autres me manquèrent. Je me fis enfin solliciteur de procès. Un usurier se réfugia chez moi, avec ses larcins ; je les recueillis l'un et l'autre : on înstruisoit le procès du fugitif, quand une voisine babillarde le décela. La justice se transporta dans mon domicile, s'empara de l'homme, et me laissa les effets. L'accusé mourut en prison, et comme, à sa mort, il avoit gardé le tacet^ je me trouvai habile à succéder.

M. BORDEREAU

Ah! ah ! il est bon là; c'étoit un modèle de conduite pour les dépôts.

M. MINUTIN.

Ma femme ayant toujours eu de l'ambition, pour la satisfaire, j'entrai dans le corps brillant des notaires de Paris.

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M. BORDEREAU

Que cela est louable !

M. MINUTIN.

Oui, mais elle me ruine par une dépense excessive. Considérez son vêtement ; est-ce celui d'une bourgeoise ?

MADAME MINUTIN.

Ah ! je demande réparation pour le corps.

M. BORDEREAU

Bon, on en a bien besoin ; est-ce qu'on ne sait pas qu'une notaresse n'est pas une bourgeoise? d'où venez-vous donc, pour ne pas savoir cela. Monsieur Minutin ?

MADAME MINUTIN.

Il n'a jamais su tenir son rang.

M. BORDEREAU

Oh ! notre ami , il ne faut pas se laisser manger la laine sur le dos. Quelque jour je vous conterai un différend que j'ai eu avec un de nos directeurs. Oh! dame! je lui fis bien voir, en plein bureau, que son encre n'étoit pas reluisante : il ne faut pas se jouer à moi ; quand une fois je m'y mets, je ne suis pas tendre.

M^ MINUTIN.

Ce n'est pas toul-à-fait Tair dont elle, se met

32 Contes de Caylus.

qui me fait de la peine; c'est qu'elle voit un certain monde qui ne me plaît pas.

M. BORDEREAU

Ah ! cela est tout différent.

MADAME MINUTIN.

Eh ! mais, mais, Monsieur Minutin, vous n'y pensez pas ; je ne puis me renfermer ni dans ma famille ni dans la vôtre ; nous n'en connoissons pas. Je fraye avec les gens de ma volée. M'a-t-on jamais vue, par exemple, vous faire l'affront de me faufiler avec des procureuses, des avocates ?

M. MINUTIN.

Je sais que vous ne vous encanaillez pas; je ne me plains pas des gens que vous voyez : ce n'est que la façon de les voir.

M. BORDEREAU

Oh ! c'est autre chose.

MADAME MINUTIN.

Qu'a donc de répréhensible ma manière d'agir ?

M. MINUTIN.

Comptez-vous pour rien d'aller scandaleusement aux spectacles et aux promenades, avec des mousquetaires et des abbés ?

M. BORDEREAU

Celui-là est un peu fort.

Guillaume^ cocher. 33

M. MINUTIN.

Paroître en public, avec des gens de cette espèce, c'est vouloir se décrier à plaisir ; et nous sommes solidaires en réputation.

M. BORDEREAU

Il a raison.

M. MINUTIN.

Voyez-les au logis. Madame, voyez-les au logis.

M. BORDEREAU

Il y a encore quelque chose à dire à cela; mais cela viendra avec le temps. Avez-vous encore quelque chose sur l'estomac ?

M. MINUTIN.

Monsieur Bordereau, vous êtes mon ami ?

M. BORDER'EAU

Touchez là.

M. MINUTIN.

Il faut donc vous ouvrir mon cœur. Je ne suis rien moins que jaloux ; mais je suis ruiné. J'en impose encore au public par un faste éblouissant ; mais, dans peu, on me verra donner du nez en terre.

M. BORDEREAU

Eh bien, mon ami, nous vous soutiendrons.

M. MINUTIN.

Je n'aurois pas tout-à-fait besoin du secours

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de mes amis, si Madame Minutin vouloit associer sa pratique à la mienne.

M. BORDEREAU

Ah ! ah ! est-ce qu'on passe aussi des actes par-devant Madame ?

MADAME MINUTIN.

Que voulez-vous dire ?

M. MINUTIN.

Vous m'entendez : votre pension ne peut suffire pour vos plaisirs et vos habits ; il faut bien qu'il vous vienne de l'argent de quelqu'autre part.

MADAME MINUTIN.

Mais je gagne beaucoup au jeu.

M, BORDEREAU

Cela se peut sans miracle.

M. MINUTIN.

D'accord ; mais quand la femme donne à jouer, il ne reste ordinairement au mari que les vieilles cartes et les cornets.

M. BORDEREAU

Ne parlons pas de cela.

M. MINUTIN.

Tenez, Madame Minutin, je ne suis plus jeune ; et, à certain âge, on se défait de beaucoup de préjugés, faisons bourse commune :

mettez le produit de vos actes dans Vesquipot.

Guillaume^ cocher^ 3ç

MADAME MINUTIN.

Mais^ Monsieur Minutin...

- M. BORDEREAU

Vous y perdriez, peut-être ; il faut que Tétude du premier étage aille mieux que celle du rezde-chaussée. On peut trouver une façon de vous accorder ; rapportez en caisse le produit de deux études, et M. Minutin fera la dépense de la maison.

M. MINUTIN.

Il n'est rien que je ne fasse pour soutenir rhonneur du corps. Y consentez-vous, ma femme ?

MADAME MINUTIN.

Soit.

M. MINUTIN.

Ah ! que je vais bien morguer mes confrères.

M. BOkDEREAU.

N^allez pas garder minute de cet acte-là, àu moins. Pour peu qu'une bourgeoise fût passable, elle auroit bien l'ambition de parvenir aux honneurs du tabellionnat. Au reste. Monsieur Minutin, mon ami, comptez toujours sur moi. Il faut qu'au premier jour j'aille sans façon manger votre gigot.

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