INTRODUCTION
• Nous n’avons pas voulu faire à propos de Fagon une étude historique. Un homme tel que le premier médecin de Louis XIV, introduit par sa haute situation dans la vie intime d’un monarque et dans une Cour sur laquelle tous les yeux se sont tournés, ne manque ni d’historiens, ni de biographes. Les contemporains, Saint-Simon et le Marquis de Sourches, nous donnent déjà sur sa vie une abondance de détails de tous ordres.
Nous avons consulté les ouvrages très documentés de M. le Docteur Cabanès, les articles très intéressants de M. Delmas qui s’est attaché à via biographie des premiers médecins.
Nous avons enfin puisé quelques détails de la vie de notre personnage dans la Chronique médicale.
Nous avions tout d’abord été intéressés par les rapports de Louis XIV avec son médecin. Comment un monarque si autoritaire acceptait-il les rigueurs des régimes et les médecines? Fagon n’est ni le représentant d’une idée, ni d’une théorie, ni d’une méthode médicale.
Comme nous le verrons, il n’a que fort peu publié. Pourtant le fait d’avoir pendant vingt-deux ans assumé la
responsabilité d'une santé royale de cette importance, d’avoir su exercer pendant tout ce temps, auprès du Roi Soleil, la prestigieuse fonction de premier médecin, fonction qui devait s’éteindre avec lui, était digne d’attirer notre attention.
En nous attachant aux détails de sa vie nous avons été amenés à faire revivre la pratique de la médecine au xviie siècle et celle de la médecine de Cour.
Certes, l’état de la science médicale à ce moment est bien connu, mais nous avions le spectacle curieux d’un médecin vivant de la vie de Cour au milieu des intrigues perpétuelles, à la merci d’une faveur toute puissante et changeante, entouré de jaloux, soutenu par de chauds partisans.
Nous devons voir en Fagon un bon médecin imposant au tout puissant monarque la sévérité d’une hygiène, soignant, posant des diagnostics, formulant et guérissant avec les connaissances médicales de son époque.
C’est ce. que nous avons tenté de rendre ici.