I.’ EM PEU ELU
Autrefois, au vainqueur, on ne demandait pas Un compte bien sévère, à la fin des combats;
Je le sais ; mais le temps marche, avec lui, tout change Et tout rend naturel ce qui vous semble étrange ; Ferdinand, avant moi, dans.ee siècle nouveau,
Sur l’hydre féodale a passé le niveau ;
Je l’imite.
BOURDON
Et pourquoi m’avez-vous, par surprise.
Inspiré, le premier, un acte qu’on méprise ?
l'empereur.
Oh! moi, c’est autre chose... Attaquant votre roi, J’aimais assez chez lui ce que je hais chez moi ;
Mais si quelqu’un des miens, dans scs rodomontades.
Se permettait ici pareilles incartades.
Je le réprimerais sur l’heure, et vertement.
BOURBON
Ainsi, vous l’avouez? J’étais un instrument,
Rien de plus ! Et nos fils maudiront ma mémoire !... Mais si je suis un traître, un apostat... l’histoire Arrache, sans pitié, devant les nations,
Aux regards déguisés le manteau des lions !
Philippe le rusé n’est plus qu’un peu de cendre,
Et les petits enfants connaissent Alexandre!
Ceux qui me maudiront vous flétriront aussi :
Celui qui survivra glorieux est ici ;
Dans la postérité qui ne flatte personne,
Celui qui portera le plus haut sa couronne.
Son front chevaleresque et son royal cimier,
Ce sera le vaincu, le roi François premier !
Et vous, vous son vainqueur, roi de l’Inde et d’Espagne, Maître des Pays-Bas, empereur d’Allemagne,
Vous serez un parjure, un fourbe, un imposteur!