‹ Fais ce que dois drame en trois actes, en versChapitre 42 sur 59 · ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I

BOURBON parait dans le fond. *

Tout va bien : nous avons l’arsenal.

Les soldats?

POMPERAIS', désignant la porte de gauclie.

Ivres morts.

BOURBON

As-tu le mot de passe ?

POMPERAN.

Je l’ai.. Le brigadier est un buveur tenace;

Il a, sans sourciller, vidé trois pots de vin ;

Mais Conrad en tient six, et le mot est : devin.

'Conrad salue et remonte.)

ROURBON.

Le jeune don Carlos, l’officier de service.

Qu’en as-tu fait?

POMPÉRAN

Aux gens il faut rendre justice;

11 faisait son devoir en geôlier rigoureux...

Mais, par bonheur, j’ai su qu’il était amoureux...

Alors, vous comprenez... un billet de sa belle...

Ét le joli garçon s’est envolé vers elle.

BOURBON

Mais ce billet, comment as-tu pu l’obtenir ?

POMPÉRAN

C’était l’obstacle... Herman est venu l’aplanir ;

Il manie une plume avec tant de souplesse.

Que Carlos a baisé la lettre avec ivresse. .

(Un des lansquenets salue.)

BOURBON

Et les clefs ?

* Conrad, Pompéran, Boni bon.

POMPÉRAN

Il les a sur lui... mais les voici...

Comment?...

BOURBON

POMPÉRAN

Prévoyant tout, j’ai fait venir ici Un de vos lansquenets, qui comprend la serrure Comme pas un... chez lui, c’est un don de nature.

(Même jeu de la part d’un aulie.)

BOURBON, lui serrant la main.

Je n’ai jamais connu d’homme plus étonnant

Que mon vieux compagnon !... A l’œuvre maintenant !

(Il se couvre la ligure d'un masque.)

Quoi !

POMPÉRAN, étonné.

BOURBON

Je veux éviter les cris de sa surprise ;

Car il s’étonnerait d’une telle entreprise.

De ma part... En un mot, j’agis plus prudemment En ne disant mon nom qu’apt es l’événement.

Surveille les dormeurs. Je me charge du reste.

(Il ouvre la porte de droite et s’éloigne.— Un temps.)

CONRAD, accourant du fond.

Une ronde de nuit !...

( Mouvement des soldats pour prendre les armes.)

POMPÉRAN, vite.

Pas un mot, pas un geste.

Du sang-froid, sentinelle, ou nous sommes perdus !

(Le silence le plus profond s’établit. — Des soldats passent dans le fond. — La sentinelle échange le mot d’ordre avec le chef de la patrouille qui continue sa marche.— Un temps de silence.)

CONRAD est remonté et fait quelques pas dans le fond, puis il redescend. Nous pouvons respirer... on ne les entend plus.

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