ACTE IV, SCÈNE III. 5t
votre nom, avec un sentiment pénible... je dirais presque d’animosité... qu’avez-vous fait ?
• CALES
Ce n’est pas avec vous que je veux dissimuler : je suis coupable. Vous m’avez voulu garantir du piège où m’entraînait un cruel défaut : j’ai senti toute la force de vos conseils; mais ils ont été impuissants. Depuis hier, poussant l’audace presque jusqu’à l’jnsolence, j’ai été, malgré moi, toujours prêt à surprendre ou son geste, ou sa pensée; et, tout-à-l’heure , pendant la discussion de cette cause , placé devant lui , mes yeux se sont attachés obstinément sur les siens , pour l’observer. Vainement, l’ai-je vu changer deux fois de couleur , en me regardant ; vainement , à la gêne que lui causait ma présence , ai-je senti que je devais me retirer... impossible !... j’étais comme enchaîné à ma place , immobile , sans voix ,• tout yeux , tout oreilles... je ne songeais qu’à pénétrer dans les replis de son ame... faut-il vous l’avouer ?... je suis effrayé des étranges pensées qu’ont fait naître en moi ses mouvements, ses discours, son silence... et le récit que vous m’avez fait, ce matin, sur les Howkins!