‹ Falloux et le monument commenoratif de la loi de 1850 sur la liberte d'enseignementChapitre 35 sur 73 · REPRÉSENTANTS · texte numérisé non relu

REPRÉSENTANTS

Monsieur,

Vous voulez bien me demander de coopérer à l'érection du Monument de Falloux, et vous le faites en des termes qui, tout en me couvrant de confusion, me sont la preuve d'une sympathie dont je vous remercie et dont je suis très honoré.

C'est de grand cœur que je réponds à votre appel. En celé-

brarit la mémoire de cet homme d'État, les catholiques belges remplissent un devoir de reconnaissance.

Que ne devons-nous pas, en effet, aux grands Français qui, comme Falloux, combattirent pour toutes les libertés, et en particulier pour la liberté d'enseignem^ent ! Mon père m'a souvent parlé de l'enthousiasme que soulevèrent, chez les hommes de sa génération qui prirent part aux Congrès de ^Nlalines, l'admirable éloquence des Montalembert, des DupanJoup, des Falloux, des Cochin et l'exemple de leurs inlassables efforts.

Ces Français, conquérants de liberté, furent les instructeurs de notre armée belge de la liberté. Gomme eux, nous avons aimé la liberté d'un amour agissant, nous nous sommes organisés pour la servir. Afin de la servir utilement, nous avons mis fin aux querelles d'école ; nous nous sommes placés sar le terrain des faits.

C'est ce qui nous a valu la victoire de 1884. Depuis lors, le parti catholique gouverne la Belgique. Nul ne peut contester sérieusement qu'il ait pratiqué la liberté et qu'il l'ait fait respecter, même au profit de f:'es adversaires politiques.

Notre législation scolaire est une des plus libérales du monde. L'État partage ses subventions entre toutes les écoles — communales ou privées — qui acceptent son programme d'enseignement, son contrôle, et qui réunissent les conditions légales. Bientôt, une loi nouvelle consacrera définitivement cette situation, tout en décrétant l'instruction obligatoire.

Ce sera l'application du principe essentiel de notre politique scolaire, les catholiques belges estimant que si l'État a le droit d'imposer aux parents l'obhgation d'instruire ou de faire instruire leurs enfants, il n'a pas le droit de leur imposer la confiance en un instituteur. L'instituteur est le délégué des parents, non le délégué de l'État.

Je m'excuse, Monsieur, de vous entretenir du parti catholique de Belgique, mais les succès des élèves ne sont-ils pas à la gloire des maîtres ? Et n'est-ce pas célébrer la mémoire de Falloux que d'exposer pourquoi les catholiques belges lui ont voué une impérissable reconnaissance ?

Veuillez agréer, je vous en prie. Monsieur, l'hommage de mes sentiments les plus distingués.

AuG. Melot.

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