SCENE XV
LESPRÉcÉDENs, FLORINE,CHAMPAGNE.
f Florine et Champcfgne apportent une toilette ; fanchon s'assied devant ; Florine lui arrange les cheveux. )
F ANC H ON, À Champagne.
Montez claez monsieur Vincent, et dites-lui que je veux lui parler.
SAINTE** LUGE, à Fanchon.
Avant tout, faites-moi donnera déjeûner, je vous prie; je ne me bats jamais à jeun.
CHAMPAGNE ET FLORINE, « part.
Se battre !
SAINTE-LUCE
tJn rien ; je suis pressé...
FANCHON
( ^Champagne. ) Allez. {A Sainte-Luce. ) A propos, capitaine , je vous présente monsieur Edouard , ce peintre aimable...
SAINTE-LUCE
Dont vous m*avez parlé. ( A part. J II est fort bien ce jeune liorame. ( Haut , à Edouard. ) Enchanté , monsieur , de vous connaître.
EDOUARD
Croyez, monsieur, que je suis pénétré.... ( A Fanchon. ) yuel dommage de cacher ces beaux cheveux !
SAINTE-LUC E
^^^Désespérant, d'honneur.... et pour coiffure un simple petit
Qui lui sied à merveille.
SAIN TE-LUC E
Vous appelez cela...
FANCHON
En marmotte , monsieur.
(Champagne apporte une bouteille et du pain sur une assiette , ayance un guéridon , et sort. J
EDOUARD
Àir noui^eau de Doche.
Des brillans atours qu'il invente Le luxe couvre la beauté ; Mais Frinchon, pour être charmante , Doit garder sa simplicité.
Des dons que lui fit la nature L'art encor n'a rien outrngé:
Combien de femmes pour parure Voudraient avoir son négligé !
SAiNTE-LUCE, à part , se versant rasade. Comment donc!., il a de l'esprit.
C Fanchon 6te la robe^qui la couvrait , cl paraît en corset couvert d*un petit fichu qu'elle arrange au miroir. ) Je bois à la plus jolie.
EDOUARD, « Fanchon.
Remerciez donc.
SAINTE-L UCE, regardant Fanchon.
A celle qui chaque matin a ma première pensés.
EDOUARD, bas à Fanchon.
Nous nous ressemblons.
FANCHON, souriant.
Est-ce que vous pensez, capitaine?
S A INTE-LUCE achevant de boire.
Quelquefois 5 jamais chez vous.
EDOUARD
•Te le crois : le cœur y a tant d'occupation , que l*esprit n'a plus rien à faire.
SAINTE-LUC E
C A pan. ) Ce jeune homme a des expressions.... (Haut. )
Majs l'heure m'appelle au bois de Vincennes jamais je
n'arrive le dernier.
EDOUARD
Monsieur n'a pas de second ?
Non : pourquoi ?
EDOUARD
Je vous ai déjà dit que je connaissais votre adversaire : il n'ira pas seul.
SAINT Ç-LUCE
Dois-je pour cela me faire accompagner? .
EDOUARD
Monsieur de Sainte-Luce, la bravoure n'exclut pas la nru-
dence. ^ ^
SAINTE-LUCE
Vous avez raison : mais il est trop tard maintenant • où trouver quelqu'un ?..r^P«r..; Eh ! mais., pourquoi pas '? . r//«..r; Monsieur voudrait-il me faire l'honneur d'être mon second .''
EDOUARD
Je vais prendre mon épée.
FLORIN E,à part.
Son épée !
Edouard, j songez-vous ?
EDOUARD
Je suis trop datte du choix de monsieur, pour ne pas v répondre, y. J ^
C'est que les seconds se battent quelquefois.
FANCHONjà Edouard , avec émotion.
Quoi! sérieusement... j .
SAINTE-LUC E
Je vous le ramènerai.
EDOUARD, avec dignité.
J'espère aussi vous ramener, monsieur.
air: Trouifcrez-fous un parlement.
Aimable Fanchon, calmez-vous j Dissipez de raines alarmes.
SAINT E-LUCE La beauté s'intéresse à nous, Le sort doit protéger nos armes. {FixanlEd.") Marchons... oui, je serai vainqueur; Tout en vous me prévient d'avance.
ÉdouarDj d'un ton marqué.
Nous pourrons au champ de l'honneur Faire plus ample connaissance.
ENSEMBLE, en sortant et se donnant la main. NoLS pourrons, etc.