‹ Fanchon la vielleuseChapitre 2 sur 52 · SCÈNE PREMIER E · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIER E

I) U C O U T I S , AUGUSTIN. (Ils apponcm un cfi::rré. ;

DUCOUTIS.

JLiA.,.. la.... doucement clone !. . m'enteniîsz-vous i'. . i;n peu moins près .. Ça n'est pas plus tapissier. C Ils vont cherdicv chacun un coussin^ Ducoulis commence les couplais en en te^ nam un dans ses bras. J

AIR : En revenant de Bâte en. Suisse.

Tout Paris connaîf ma boutique , J'ai trente garçons occnpi's ; Grâce à di(!U , chez moi Ton fabricjiie -, De père en fils , des canapés , Etoffe légère , Coussins très-nioëllf MX •, Moi j'ai pour les f .ire Un talent merveilleux.

AUGUSTIN, D U C O U f r i..

Etoffe légère ,

Gros coussins moëllen?: :

Jl a l ' , f •

■n/r • •« - > pour les laire \

Moi )'ai j ' ^

L'a t::lent r.ierveille'jx.

J'en fabrique po-.ir la pacesse Qui vient y lire des roinans^ Pour mainte petifo maîtresse, Pour la femme à grands sentimcns.

AUGUSTIN^DUCOUTIS.

Etoffe légère , etc.

J'en ai fjit pour pins d'un chanoine Qui , fredonn;mt en faux bourdon • Quelques versets de Saint-Antoine , Vient digérer sur Tédredon.

AUGUSTIN, DUCOUTI S.

Etoffe légère , etc.

DUCOUTIS.

Ce n'est pas pour me vnnler , mais cet ameublement est d'un

stiîe, je dis Je veiiv m'en faire présent d'un pareil le jour

de mon mariage avec la petite Adèle.

AUGUSTIN

Ma cousine ! Comment, monsieur Ducoutis, vous y songez, doue toujours ?

DUCOUTIS.

Plus que jamais, petit cousin : le papa Bertrand m*a donné sa parole.

AUGUSTIN

Mon oncle vous aurait promis...

Et vous savez si le cher épicier a de la tête.

AUGUSTIN

Au'antque de brusquerie : aussi manière a-t-elle voulu que ma cousine demeurât chez elle rue Saint-Laurent . Inubourg Saint-Martin. Mon oncle a eu de la peine à s'j déterminer.

Il ne l'eût pa.s fait s'il m'eût consulté. Je n'aime pas ces quart, ers isolés : c'est là que les grands seigneurs ont ienis petit*-.-^ maisoiK, el font rôder leurs gens.. Tout cela ne vaut rien pour une jeune hlle,.. Mais achevons déposer ces Ouiteuils .• artistement. { Ils arnvigeni les fauteuils J

AUGUSTIN

Fanchon... une vielleuse., dan* un pareil hôtel '

DUCOUTIS.

Il lui appartient.

AUGUSTIN

Des meubles d'un prix !

DUCOUTIS.

Elle me paie au comptant.

(Ils continuent à ranger.)

AUGUSTIN, après un silence.

Et vous dites donc que mon oncle Bertrand vous a promis la main d'Adèle ?

Sous huit jours. ' '

AUGUSTIN

Cela ne sera pas. '

DUCOUTIS.

Comment ?

AUGUSTIN

On ne vous aime pas.

DUCOUTIS.

Qui vous l'a dit ?

AUGUSTIN

On vous déteste.

DUCOUTIS.

J'aurais un rival ?

AUGUSTIN

De vingt, ans.

DUCOUTIS.

Que l'on préfère ?

AUGUSTIN

Yo us l'avez dit.

DUCOUTIS.

Petit cousin !

AUGUSTIN

Et qui épousera.

Petit cousin !.. Où est la draperie amarantlie de la chambre à coucher ?

AUGUSTIN

Je l'ai oubliée à la boutique... Oh ! vous ne l'aurez pas

DUCOUTIS.

Dans l'encoignure à côté des lits de sangle.

AUGUSTIN

J'y vais... Non, jamais Adèle...

DUCOUTIS.

Sous une couverture de coton.

AUGUSTIN

Je sens que mon amour...

DUCOUTIS.

Prenez garde aux feux dorés.

AUGUSTIN, sortant.

Oh ! vous aurez beau faire...

DUCOUTIS.

AWez, monsieur.

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