SCENE X y I
-Les p r i c é ï) e nî , S A I N T E - L U C E en grande ^'; tenue., L A T T A 1 0 N A N T.
SAINT E-LUCE
Vous voyez que nous avons fait diligence'.
LATTAIGNANT
Mes couplets sont distribués... Le couvert est-il mis ?
ADÈLE, désignant Saint^s^Lûce.
Augustin , voilà celui qui m*a sauvée.
AUGUSTIN, à Sainte-Luce.
Ab ! monsieur, que d'obligations i Vous voyez en moi...
SAINTE-LUC^
Le petit cousin, j'en suis sûr. ■:
ADÈLE
Oui, monsieur.
LATT AI6NANT.
11 est fort bien le jeune homme.
SAINT E-LU C £
Vous vous aimez , n'est-ce pas ?
ADÈLE
C'est si naturel!
SAINTE-LUCE
Air du vaudei>Ule de l'abbé Pellegrin,
Il est naturel d'enflammer Un cœur sensible qui soupire ; II est naturel de s'aiirer , Il est naturel de le dire ; Brûler du désir d'être heureux Est naturel, je vous assure :
Je veux vous marier tous deux j C'est encor plus daos la nature.
F L o a. I N E , bas, à Fanchon. ^
Je ne vois point M. Edouard.
FANCHON, vivement.
Taisez-vous.
AUGUSTIN
Nous marier ' Monsieur ne connaît pas l'entêtement de mon oncle Bertrand, les prétentions de mon rival Ducoutis.
SAINTE-LUCE
Monsieur ne sait pas que j*ai entrepris des choses plus difficiles.
SCENEXVII.
LES PRÉCEDENS, BERTRAND, DUCOUTIS, CHAMIPAGNF.
CHAMPAGNE
Entrez, messieurs , entrez.
BERTRAND
Ma fille ! ma chère Adèle ! ( Il Vemb^rasse. ) { Champagne sort. )
DUcouTis, essoujlé.
Pardon à toute l'honorable société. ( Fixant Adèle. ) La voilà !... la voilà !...
AUGUSTIN
Mon oncle, vous voyez le libérateur d'Adèle.
BK RTRAND, Saluant Sainle-Luce* Je ne puis trouver d'expressions...
SAINT E-L U C E
C'est bien.
DUCOUTIS, saluant aussi.
Pour VOUS peindre , monsieur...
SAINT E-L U c E.
Qu'est-ce que c*est que ça ?
Ducoutis , mon tapissier.
La plaisante figure !
SAINT E-LU c E.
Quoi ! c'est là le rival...
LATTAIGNANT, à DllCOUtis.
Vous voulez épouser la petite?
DUCOUTIS.
Tout est d'accord, monsieur.
LATTAIGNANT
Tout? je parie que non.
Air du Petit Vaudeville.
Vous soupirez pour la belle; Son père a fait choix de vous:
Peut-être avez-vous pour elle Préparé quelques bijoux.
l.e toisant.) C'est vraiment d'un bon augure; Mais tout n'est pas fjit encor:
Son âge et votre figure Ne seront jamais il'accord.
BERTRAND-
Chansons que toui cela,
SAINT E-L U C E , frappant sur l'épaule de Ducoutis.
Monsieur... ( A Florine. ) Comment le nommez-vous ?
DucouLis.
M. Ducoutis... vous ne savez pas une chose ?'
DUCOUTIS.
Cela se peut , monsieur.
SAINT E-L u c E.
J*ai disposé de la main d'Adèle.
DUCOUTIS.
Monsieur me fait l'honneur de me dire...
SAINTE-LUC E
Je la marie au petit cousin , c'est décidé.
BÈ RTRAND.
Comment , c'est décidé !
SAIN T E-L u c E , le serrant d'un coté. Ecoutez, mon cher... M. Bertrand. ^
LATTAIGNANT, Le serrant de L'autre.
Là... là,., papa ; nous allons parler raison.
BERTRAND
C'est que je ne me laisse pas mener.
DUCOUTIS.
Ni moi non plus, et certainement..
LATTAIGNANT
Paix.
SAINT E-L U C E
D'abord le jeune homme convient à votre fille.
LATTAIGNANT
Vrai , il lui convient.
C'est un étourdi.
Tant mieux.
DUCOUTIS.
Un mauvais sujet.
ADÈLE
Peut' on dire cela!
BERTRAND
Qui n'a pas le sou.
SAINTr-LUCE.
Je me charge de son avancement.
FANCHON,a Bertrand.
Songez que la protection de M. de Sftinte-Luce...,
DUCOUTIS.
Hé! que me fait à moi monsieur de Sainte- Luce.
F L o R I N E , bas , à Ducouiis.
Capitaine de chevaux légers, et très-mauvaise tête, je vous en avertis.
BERTRAND
Je perds à la fin patience... Allons , ma fille , suivez-moi.
SAINTE-LUC K
Ifon pas^; elle reste ici.
BERTRAND
Est-ce que je ne suis pas son père!
SAINE-LUCE
C'est possible : mais moi je suis son libérateur, et je me serais battu pour la prétendue cje monsieur Ducoutis ! Je ne peux pas d'honneur; je serais perdu , déshonoré.
LATTAIGNANT
Nous autres gens de qualité, voyez- vous, nous avons det principes.
Capitaine, c'est pousser trop loin la plaisanterie.
s A I N T E - L Ui C E.
Je ne plaisante pas du tout: je place le jetme homme, je dote la demoiselle, je fais la noce à ma terre de Sainte- Luce, et, en dépit de ce diable d'homme.j'assure le bonheur de ses enfans, et celui de ses viéui' jours.
LATTAIGNANT
Moi ; je fais^l^épi.thalarne , et j'obtiens les (u'spense«.
Ma fille, je vous ordonne de me suivre.
ADÈLE
Jamais je n'épouserai Ducoulis.
LATTAiGNAfiT, à Bcrtmiid.
Vous l'entendez. ., ,
SAINTE-LUCE
Non , VOUS ne la sacrifierez pas... dussé-je me balLre une seconde fois. v v> n u y .
DUC ol û ?r^ F s.
Retirons-nous , beau-père.
Hé bien, je vais porter ma plainte : je suis connu à l'hôtel de M. le lieutenant de police.
lattaign ant.
Monsieur est de ses amis ?
B E R T II A H D . T fil B aB'iaq 'J
Je suis son épicier.
DUCOUTIS.
Et moi son tapissier, rien que cela.
SAlNTE-LUCf.
Faites tout ce qu'il vous plajra, monsieur l'épicier.
AIR : Une fille esL un oiseau.
.7e vais élever la voix. , JDans peu nous verrons, j'espère, Si l'on pent ainsi d'un ])ère Wéconnaitre tous les droits.
(^A SainLc-Lucc et a Laltaignant.) Contre vous deux je réclanie,
(AFanchon.) ;^'b,9aiv
Contre voas aussi, madame, c. ... C'est vous surtout que ]e Liàuie,
Tout retombera sur vous. ■ ;
(A Ducoutis.) ,K|èunj ■
Viens: a justice, mon gendre, ^ ♦„ -^
Dans un moment va te rendre Le plus lisureux des époux.
(^Berlraïul sorl.)
D U C O U T I S, suivant Berlraud , et menaçant de loin. Fin de l air.
On nous prêtera main forte; Dans ces lieux sons bonne escorte Je revientlmi son êpouï , De près noi;s nous verrons tous.
(Il sort.)