‹ Fanchon la vielleuseChapitre 33 sur 52 · SCENE X y I · texte numérisé non relu

SCENE X y I

-Les p r i c é ï) e nî , S A I N T E - L U C E en grande ^'; tenue., L A T T A 1 0 N A N T.

SAINT E-LUCE

Vous voyez que nous avons fait diligence'.

LATTAIGNANT

Mes couplets sont distribués... Le couvert est-il mis ?

ADÈLE, désignant Saint^s^Lûce.

Augustin , voilà celui qui m*a sauvée.

AUGUSTIN, à Sainte-Luce.

Ab ! monsieur, que d'obligations i Vous voyez en moi...

SAINTE-LUC^

Le petit cousin, j'en suis sûr. ■:

ADÈLE

Oui, monsieur.

LATT AI6NANT.

11 est fort bien le jeune homme.

SAINT E-LU C £

Vous vous aimez , n'est-ce pas ?

ADÈLE

C'est si naturel!

SAINTE-LUCE

Air du vaudei>Ule de l'abbé Pellegrin,

Il est naturel d'enflammer Un cœur sensible qui soupire ; II est naturel de s'aiirer , Il est naturel de le dire ; Brûler du désir d'être heureux Est naturel, je vous assure :

Je veux vous marier tous deux j C'est encor plus daos la nature.

F L o a. I N E , bas, à Fanchon. ^

Je ne vois point M. Edouard.

FANCHON, vivement.

Taisez-vous.

AUGUSTIN

Nous marier ' Monsieur ne connaît pas l'entêtement de mon oncle Bertrand, les prétentions de mon rival Ducoutis.

SAINTE-LUCE

Monsieur ne sait pas que j*ai entrepris des choses plus difficiles.

SCENEXVII.

LES PRÉCEDENS, BERTRAND, DUCOUTIS, CHAMIPAGNF.

CHAMPAGNE

Entrez, messieurs , entrez.

BERTRAND

Ma fille ! ma chère Adèle ! ( Il Vemb^rasse. ) { Champagne sort. )

DUcouTis, essoujlé.

Pardon à toute l'honorable société. ( Fixant Adèle. ) La voilà !... la voilà !...

AUGUSTIN

Mon oncle, vous voyez le libérateur d'Adèle.

BK RTRAND, Saluant Sainle-Luce* Je ne puis trouver d'expressions...

SAINT E-L U C E

C'est bien.

DUCOUTIS, saluant aussi.

Pour VOUS peindre , monsieur...

SAINT E-L U c E.

Qu'est-ce que c*est que ça ?

Ducoutis , mon tapissier.

La plaisante figure !

SAINT E-LU c E.

Quoi ! c'est là le rival...

LATTAIGNANT, à DllCOUtis.

Vous voulez épouser la petite?

DUCOUTIS.

Tout est d'accord, monsieur.

LATTAIGNANT

Tout? je parie que non.

Air du Petit Vaudeville.

Vous soupirez pour la belle; Son père a fait choix de vous:

Peut-être avez-vous pour elle Préparé quelques bijoux.

l.e toisant.) C'est vraiment d'un bon augure; Mais tout n'est pas fjit encor:

Son âge et votre figure Ne seront jamais il'accord.

BERTRAND-

Chansons que toui cela,

SAINT E-L U C E , frappant sur l'épaule de Ducoutis.

Monsieur... ( A Florine. ) Comment le nommez-vous ?

DucouLis.

M. Ducoutis... vous ne savez pas une chose ?'

DUCOUTIS.

Cela se peut , monsieur.

SAINT E-L u c E.

J*ai disposé de la main d'Adèle.

DUCOUTIS.

Monsieur me fait l'honneur de me dire...

SAINTE-LUC E

Je la marie au petit cousin , c'est décidé.

BÈ RTRAND.

Comment , c'est décidé !

SAIN T E-L u c E , le serrant d'un coté. Ecoutez, mon cher... M. Bertrand. ^

LATTAIGNANT, Le serrant de L'autre.

Là... là,., papa ; nous allons parler raison.

BERTRAND

C'est que je ne me laisse pas mener.

DUCOUTIS.

Ni moi non plus, et certainement..

LATTAIGNANT

Paix.

SAINT E-L U C E

D'abord le jeune homme convient à votre fille.

LATTAIGNANT

Vrai , il lui convient.

C'est un étourdi.

Tant mieux.

DUCOUTIS.

Un mauvais sujet.

ADÈLE

Peut' on dire cela!

BERTRAND

Qui n'a pas le sou.

SAINTr-LUCE.

Je me charge de son avancement.

FANCHON,a Bertrand.

Songez que la protection de M. de Sftinte-Luce...,

DUCOUTIS.

Hé! que me fait à moi monsieur de Sainte- Luce.

F L o R I N E , bas , à Ducouiis.

Capitaine de chevaux légers, et très-mauvaise tête, je vous en avertis.

BERTRAND

Je perds à la fin patience... Allons , ma fille , suivez-moi.

SAINTE-LUC K

Ifon pas^; elle reste ici.

BERTRAND

Est-ce que je ne suis pas son père!

SAINE-LUCE

C'est possible : mais moi je suis son libérateur, et je me serais battu pour la prétendue cje monsieur Ducoutis ! Je ne peux pas d'honneur; je serais perdu , déshonoré.

LATTAIGNANT

Nous autres gens de qualité, voyez- vous, nous avons det principes.

Capitaine, c'est pousser trop loin la plaisanterie.

s A I N T E - L Ui C E.

Je ne plaisante pas du tout: je place le jetme homme, je dote la demoiselle, je fais la noce à ma terre de Sainte- Luce, et, en dépit de ce diable d'homme.j'assure le bonheur de ses enfans, et celui de ses viéui' jours.

LATTAIGNANT

Moi ; je fais^l^épi.thalarne , et j'obtiens les (u'spense«.

Ma fille, je vous ordonne de me suivre.

ADÈLE

Jamais je n'épouserai Ducoulis.

LATTAiGNAfiT, à Bcrtmiid.

Vous l'entendez. ., ,

SAINTE-LUCE

Non , VOUS ne la sacrifierez pas... dussé-je me balLre une seconde fois. v v> n u y .

DUC ol û ?r^ F s.

Retirons-nous , beau-père.

Hé bien, je vais porter ma plainte : je suis connu à l'hôtel de M. le lieutenant de police.

lattaign ant.

Monsieur est de ses amis ?

B E R T II A H D . T fil B aB'iaq 'J

Je suis son épicier.

DUCOUTIS.

Et moi son tapissier, rien que cela.

SAlNTE-LUCf.

Faites tout ce qu'il vous plajra, monsieur l'épicier.

AIR : Une fille esL un oiseau.

.7e vais élever la voix. , JDans peu nous verrons, j'espère, Si l'on pent ainsi d'un ])ère Wéconnaitre tous les droits.

(^A SainLc-Lucc et a Laltaignant.) Contre vous deux je réclanie,

(AFanchon.) ;^'b,9aiv

Contre voas aussi, madame, c. ... C'est vous surtout que ]e Liàuie,

Tout retombera sur vous. ■ ;

(A Ducoutis.) ,K|èunj ■

Viens: a justice, mon gendre, ^ ♦„ -^

Dans un moment va te rendre Le plus lisureux des époux.

(^Berlraïul sorl.)

D U C O U T I S, suivant Berlraud , et menaçant de loin. Fin de l air.

On nous prêtera main forte; Dans ces lieux sons bonne escorte Je revientlmi son êpouï , De près noi;s nous verrons tous.

(Il sort.)

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