‹ Fanchon la vielleuseChapitre 50 sur 52 · SCENE XIII ET DERNIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE XIII ET DERNIÈRE

LES PRÉcÉDENs , B E R T R A Ts^ D , DUGOUTIS , UN EXEMPT, RECORS.

DUCOUTiSjàZa porte du fond.

Par ici , messieurs , par ici.

BERTRAND, avec coVure.

La voilà cette Fanchon qui a séduit ma fille.

Quelle horreur !

ADÈLE

Mon cher père...

SA iNTE-LUCE, l'arrêtant par le bras.

Ne bougez pas.

L'EXEiMPTjà Fanclion f avec insolence.

Allous , mademoiselle, il faut me suivre en prison.

FRANCARVILLE.

En prijoii !

ANDRE, saisissant une table.

En prison !

Toute résistance serait vaine. (Aux recors.) Qu'on saisisse cette femme.

yj.ANCARViLLE , tirant son épce , ets'élançant devant Fanchon. Le premier qui s'avance est mort...

ANDRÉ, tenant la table en l'air.

J'en extermine quatre pour ma part .. quatre....

( Latiaignant arrête André prêt à lancer La table ; Fanchon relient Francarville , Ducoutis se sauve derrière Bertrand ; l'Exempt et les recors restent stupéfaits. Moment de si' lence. Tableau J

BERTRAND

Oser se révolter ainsi contre la justice î

Vos noms , messieurs , s'il vous plaît.

FRANCAUVII'Ï'B.

Le colonel de Francarville.

SAINTE-I-UCE.

T,T • 1 cvpt- Luce capitaine de chevaux légers. Monsieur de bn:!U'.'-i.'"ce , ^^^i"^^

De Lattaignant ', conseiller , député de Reims. L'EXEMPT, après un mowement.

Ce n'est pas ce que vous médisiez , Ducoutis.

Tout cela , .monsieur l'Exem'ptt ^e Toit P-^^J^j^^^.^^^f .^J Emparez-vous de cette femme dangereuse qu; se iait un jeu de troubler les familles.

VINCENT, avec force , et s'avancant.

C'est une imposUire !

BERTRAND

Bah! bah! antre fripon. : Fixant A^.HceuL;Eh ! mais=..iene me trompe pas.

Vous avez pu solllcler cont^re^anchon l'ordre de l'arrêter !

F A N c H o N , faisanl si^ne.

Vincent!

Oui : c'est vous qnÎ m'êtes échappé ce matin , c'est vous qui l'an dernier m'apportâtes cuki cents loms au ^"0-^"^ °^ ^Setais forcé de faillir, et cela sans vouloir me nommer la personne généreuse...

VINCENT

Oui : c'est moi qui fus envoyé par cette personne généreuse à qui vous devez l'honneur , le rétablissement de votre com merce.

BERTRAND

Oh ! pour cette fois, je ne vous quitte pas q'.e je ne la connaisse.

B ERTRAND.

Ilyatroplong-tcras que je la cherche. Qui est-elle? Nommez-la moi , je vous en prie ?

VINCENT, /a désignant.

C'est Fanchon.

TOUS, excepté Fanchon et Vincent.

Ciel!

VINCENT

Oui : c'est cette femme bienfaisante qui , dites-vous , se fait un jeu de troubler les familles.

BERTRAND, aux pieds de Fanchon.

Ah ! madame!

FANCHON

Relevez-vous.

ANDRÉ

Oh! que chela fait dou plaigir.

SAINTE-LUC E

Je la reconnais bien là.

LA T T A I G N A N T , lui baisant la main. Ma digne amie !

FRANCARVILLE, avec égarement.

Et vous voulez que je renonce à vous !

BERTRAND

Monsieur l'Exempt , vous pouvez vous retirer.

Il suffit. ( U sort avec les recors. )

BERTRA ND.

Excusez les soupçons , la faiblesse d'un père... Qui m'eut dit <fue c'est à cette vielleuse, que j'ai vue si souvent s'arrêter devant ma boutique , que je dois un service aussi grand.

SAINTE-LUGE

A)Outez-y celui d'avoir , par respect pour les mœurs, reçu chez elle votre fille , qu'il m'avait été impossible de vou» remettre.

BERTRAND

Comment pourrai-je jamais reconnaître...

F A N c H o Tsr.

En unissant ces ieunes gens , et en acceptant, pour la dot de mademoiselle , les douze mille francs dont je sais que depuis long-tems vous desirez vous acquitter.

ADÈLE

Que de bontés !

BERTRAND

Certainement je ne puis rien refuser à madame.

SAINTE-LUC E

Je savais bien que nous épouserions le petit cousin.

DUCOUTIS.

C'est dur.

BERTRAND

Que veux-tu, Ducoutis... le respect , la reconnaissance.... J'observerai , néanmoins, que mon neveu...

SAINTE-LUC £

Je vous ai déjà dit que je prenais soin de son avancement; oui , je fais la noce à ma terre , et je me charge de tout.

DUCOUTIS.

Au moins , monsieur le capitaine, je fournirai l'ameublement.

AUGUSTIN

Vous voilà doue la bienfaitrice de toute la famille.

F A N c H o N , avec iiilenlLon.

Faire des heureux est mon unique ressource.

FRANCARVILLE.

Et je serais le seul oublié ! Livrez-moi le contrat de cette terre en Savoie... je veux y apposer ma signature. F A N C H o N.

Edouard , quel nom allez-vous signer ?

FRANCARVILLE.

Celui de ton époux Allons.... allons à tes montagnes

c' énes.

O mon pays !

Y répandre ton or et le mien v piDu ver j;ar des bienfaits...

Avenir délicieux !

Que l'amour et le bonheur habitent ce château dont tu m*as fait propriétaire; que dans nos bras entrelacés ton vieux père nous bénisse...

F A N c II o N , aycc égarement.

Monsieur le colonel... cher Edouard... xillous à mes montages. C Elle tombe dans ses bras )

VAUDE\^ILLK.

Air nouveau.

BERTRAND

Au boulevarJ du Tfinf)le, Le jeudi l'on conteniple Tous Je^î gens du bon ton:

Pourquoi la mode n-t-( lie Paitclioix deceliiu?...C'est,dit-on, Pour entendre la vielle, La vielle de Fancdon.

TOUS

Pour entendre, etc.

FRANCARVILLE.

La robe et la finnnr-e,

De la vielle en silence,

Ecoutent le doux .son.

Mais la vielleuse est belle, Et tant que dure la chanson ,

L'oreille est pour la vielle,

Et le cœur pour Fauchon.

TOUS

L'oreille, etc.

LATTAIGNANT

Dans son noble délire

A la savante lyre

Phébus donne le ton:

A la gaîté fidèle Momiis vient tourner le bouton,

Le bouton de la vielle

De l'aimable Fanchon.

TOUS

Le bouton , etc.

Est-on dans la tri.s^te.'-se , Est-on dans la détresse...

On s'adresse à Fanchon; Le malheur fuit près d'elle, Eï trouve diins cette Alaison Les refrains de la vielle, Lts bienfaits de Fanchon.

TOUS

Les refrains , etc.

ANDRÉ

Savoyarde qui n'ose.

Mais voudrait et qiieq'chose D'ina sœur, doit prend' leçon Pour porter la dentelle Et d'venir dame du granrl ton, NTaut qu'un p'tit tour de vitile, Et la voix de Fanchon.

TOUS

N'faut qu'un , etc.

FANCHON

Une main généreuse Donnait à la vielleuse Le prix de sa chanson, Pour mieux paj'cr son sèle Par des bravos à i'unisson, Accompagnez In vielle , La vielle de Fanchon.

TOUS

Accompagnez, etc.

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