FA^FAN LA TULIPE
MADAME DE POMPADOUR^ ac Icvanl.
Ah ! VOUS avez eu déjà plusieurs amours?
FANFAN
Plusieurs oiiij mais pas encore un seul. Mais, de ce coup-ci, mon cœur, pour tout de bon, battait la diane. Oui, là! vous m’alliez! — et il me semble que je vous allais !
MADAME DE POMPADOUR
Qui sait?
FANFAN
Il n’y faut plus penser, n’est-ce pas?
MADAME DE POMPADOUR
Non.
FANFAN
N’y pensons plus ! — Chantons lælamini ! chantons laetainina !
MADAME DF POMPADOUR
Au moins, vous en prenez votre parti gaiement!
FANFAN
Gaiement! vous croyez? Je me rappelle toujours une parole de feu la mère Panel, qui a clé ma nourrice : — Fanfan, tu es né en bas, tu seras pauvre, tu n’es point sot et point mauvais, et, pour toutes ces raisons-là, je prévois une chose, c’est qu’en ce monde, ton mot d’ordre va être : Souffrir. Eh bien, sais-tu, mon garçon, ajoutes-y un autre petit mot, et dis-toi : Souflrir gaiement. On assaisonne de sel les mauvais ragoûts, assaisonne les chagrins de bonne humeur, chante au danger et ris à la peine! — Et, tant que je peux, je suis le conseil de la bonne femme, je souffre, mais je souffre gaiement !
MADAME DE POMPADOUR
Brave cœur! Tenez, faute de mieux, voulez-vous mon amitié?
FANFAN
Votre amitié ! oh ! de toute mon âme ! — Mais, méchante, vous me faites ce que je vous ai fait, vous ne m’offrez que le desserti