SCÈNE PREMIÈRE
FANFANj endormi sur un canapé, puis ANGELUS.
FANF AN , rêvant.
Antoinette ! je ne rêve pas , vous m’aimez 1 vous m’aimez pour tout de bon, comme je vous aime! Non! non! je ne rêve pas'... (s’éveillant.) Hé ! paidiett ! si, je rêvais. Toujours dans les étoiles ! — Mais, sur terre, oit donc suis-je? Ah! oui, voilà que je me souviens. Combien de temps ai-je dormi ? — .\li ! on ouvre une porte, il me semble...
ANGÉLUS, entrant à tétons par la gauche.
Je finirai bien par trouver une âme à qui parler.
FANFAN
Du bruit ! un pas léger ! enfin !
ANGÉLUS, reconnaissant la vois.
Fan fan !
FANFAN, avec une galanlcrie supérieure.
Or çà, belle dame !...
ANGÉLUS
Tais-toi dohe! c’csl moi !
Angélus !
Tu es donc ici !
FANFAN
ANGÉLUS
FANFAN
C’est ici qu’on t’a amené !
5û ' FANFAN LA TULIPE
Hé ! oui, sous ton nom.
FANFAN
Voilà qui est fort !
ANGÉLUS
Hier soir, le laquais qui m’a ouvert la voiture m’a demandé œmment je m’appelais, et, selon tes instructions, j’ai répondu ; Farifan la Tulipe !
FANFAN
Ah çà ! on me voulait donc deux fois dans ce logis ! Qu’est-ce que cette aventure en partie double ?
ANGÉLUS
Quand on m’a fait descendre de carrosse, je n’ai pu rien voir dans la nuit. Et toi, sais-tu où nous sommes?
FANFAN
Nous sommes à Versailles.
ANGÉLUS
Et chez qui?
FANFAN
Chez le roi de France donc! au château! J’espère que le Fanfan est demandé à la cour !
AN GÉL us.
Au château! oh! mais tu sais que mademoiselle Blanche y demeure. Dieu! je serais si près d'elle!
Quand je te disais que je te ferais transporter et héberger gratis! Mais voyons, fâchons de nous y retrouver un peu dans ce colin-maillard. Qu’est-ce qui t’est arrivé à toi? Moi, quand la voiture s'est arrêtée, on in’a fait monter deux étages, on m’a iidroduit dans ce«salon, on- a exigé ma parole d’honneur de ne pas en sortir. Ma Iwiigie s’esf éteinte, je me suis assoupi, et tu m’as réveillé. — A ton tour!
ANGÉLUS
Mon histoire n’est pas plus avancée que la tienne. On m’a logé au rez-de-chaussée dans un cabinet sans fenêtre, et on a tiré sur moi les verroux. Ennuyé de veiller et d’attendre, j’ai découvert dans la muraille la porte dérobée d’un escalier de