SCÈNE III
MADAME DE POMPADOUR, FANFAN
FANFAN
Vous êtes marquise ! Ah! tenez, — j’en avais eu un moment l’idée hier, — vous êtes la marquise Je Pornpadour !
MADAME DE POMPADOUR
Oui.
FANFAN
Adieu, madame.
MADAME DE POMPADOUR
OÙ allez-vous ?
FANFAN
Je m’en vais.
MADAME DE POMPADOUR
Pounjuoi?
FANFAN
Je n’en sais rien, je m’en vais.
MADAME DE POMPADOUR
Allez donc! puisque vous craignez si peu de me blesser!
FANFAN, re*enant.
Vous blesser, moi! Oh! madame, je suis un pauvre diable, mais, là, en vérité, un bon diable! Mais si vous saviez aussi! depuis que je vous ai quittée, je ne sais plus du tout où j’en suis, je rêve tout debout, je vas dans la nuit, je vis dans la lièvre! Enfin , tout à l’heure on me dit votre nom, — le petit, le joli! — Ah! voilà la lumière! et vite j’accours, gaiement, — comme au feu. Mais |é tombe sur votre autre nom, — le gros, le terrible! Qu’est-ce que vous voulez? je m’en allais, je me sauvais, parce que... je ne sais pas... je souffrais. J'ai vu tout d’un coup entre nous deu.x comme un précipice! Et puis, pour sûr, vous vous êtes moquée de moi hier, et vous m’avez peut-être fait venir pour vous moquer encore !
Non, je voulais vous présenter au roi.
FANFAN
Au roi? vous aussi! C’est juste, il me semble qu’hier vous